Le mouvement le plus utile pour les investisseurs africains cette semaine n’est pas venu du pétrole, malgré un Brent encore élevé à 100,69 dollars le baril, mais du complexe agricole. Le blé a reculé de 3,2% à 596,75 dollars, tandis que le cacao a progressé de 2,0% à 3.367 dollars et que le café a gagné 0,5% à 299,9. Pour les marchés boursiers africains, cette combinaison crée des gagnants et des perdants très concrets: détente potentielle sur les coûts des transformateurs importateurs, mais soutien des revenus pour les producteurs et exportateurs exposés à l’Afrique de l’Ouest et de l’Est.
Contexte de marché: devises, pétrole et matières agricoles
La lecture de la semaine reste dominée par un paradoxe macro. D’un côté, le Brent a chuté de 14,9% sur la séance et de 10,6% sur la semaine, selon les prix fournis, ce qui réduit en théorie la pression sur les coûts de transport, d’engrais et d’énergie pour les chaînes agroalimentaires. De l’autre, plusieurs devises africaines ont bougé dans des directions opposées, modifiant immédiatement l’effet réel des matières premières importées. Le USD/MAD a monté de 2,27% à 9,3201, le USD/KES a progressé de 0,55% à 130,0, alors que le USD/TND a baissé de 1,47% à 2,902, le USD/EGP de 1,74% à 53,47 et le USD/NGN de 0,55% à 1.377,42.
Cette divergence de change explique pourquoi une baisse du blé en dollars ne se traduit pas mécaniquement par la même amélioration sur chaque place. En Tunisie, la détente du dollar face au dinar amplifie l’effet du recul du blé pour les importateurs de céréales et les groupes de boissons et d’alimentation comme SFBT, même si l’impact dépendra des contrats d’approvisionnement et des stocks déjà couverts. Au Maroc, à l’inverse, la hausse du dollar et de l’euro contre le dirham réduit une partie du bénéfice des matières premières agricoles importées, selon la logique de coût d’achat en devise.
