Le TUNINDEX a clôturé en retrait de 0,49% à 14 877,24 points ce lundi 9 mars 2026, tandis que l'indice TUNINDEX20 reculait de 0,52% à 6 600,56 points, affichant une résilience remarquable face au choc pétrolier mondial qui a propulsé le Brent à 98,62 dollars le baril (+6,4% en séance, +21,1% sur une semaine). Cette contre-performance relative de la Bourse de Tunis, comparée aux replis plus marqués observés sur les places nord-africaines voisines, s'explique par une divergence macroéconomique inattendue : le dinar tunisien s'est raffermi contre le dollar à 2,9075 TND (-0,31%) et contre l'euro à 3,3689 TND (-0,52%), créant une dynamique de change inhabituelle pour une économie importatrice nette d'énergie.
Un marché en équilibre précaire
La séance a été marquée par une prudence sélective, avec une breadth (largeur de marché) révélatrice : sur 75 valeurs cotées, 21 titres ont progressé contre 24 en baisse et 30 inchangés, selon les données officielles de la BVMT. Cette distribution quasi-équilibrée traduit une attitude d'attentisme des investisseurs face à la volatilité des matières premières et aux incertitudes géopolitiques moyen-orientales qui alimentent la flambée du pétrole.
L'apparente stabilité du dinar tunisien, surprenante au regard de la facture énergétique qui pèse sur le déficit commercial (-0,31% pour le USD/TND malgré une envolée de 21% du Brent), suggère une intervention potentielle de la Banque centrale de Tunisie (BCT) sur le marché des changes ou un soutien aux réserves de change, d'après les analystes contactés par Financial Afrik. Pour une économie où les importations d'énergie représentent une pression structurelle sur les finances publiques, cette résilience monétaire offre un répit temporaire aux investisseurs locaux, même si la soutenabilité de ce niveau de change demeure interrogée à moyen terme.
Le secteur bancaire et les matériaux de construction résistent
Parmi les valeurs en hausse, la Société Tunisienne de Banque (STB) a brillé avec une progression de , portant sa capitalisation boursière à des niveaux non précisés mais significatifs pour le premier établissement public du pays. Ce rebond intervient dans un contexte où le secteur bancaire tunisien, dominé par les banques publiques (STB, BNA, BH) coexistant avec des acteurs privés comme BIAT et Amen Bank, fait face à des défis de liquidité et de créances douteuses. La performance de STB pourrait refléter des anticipations de soutien étatique ou une revalorisation des actifs bancaires dans un environnement de taux en potentielle remontée.
