Bourse de Casablanca — Oulmès bondit de 6% après 21,38 Md MAD de recettes touristiques
Oulmès a signé la meilleure performance du jour à la Bourse de Casablanca avec +6% à 1.239 MAD, dans un marché pourtant en repli de 0,16%. La hausse des recettes touristiques de 22% à 21,38 Md MAD et du trafic aérien de 7,91% soutient la lecture d’une demande plus ferme pour les boissons hors domicile.
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Oulmès surperforme dans un marché rouge
Le fait marquant de la séance du jeudi 2 avril 2026 à la Bourse de Casablanca est venu de Oulmès, dont le titre a bondi de 6,0% à 1.239 MAD, soit la meilleure performance du jour, alors même que le MASI a cédé 0,16% à 17.525,32 points. Ce décalage n’a rien d’anodin: il intervient au moment où les indicateurs du tourisme marocain accélèrent nettement, avec des recettes en hausse de 22% à 21,38 milliards de MAD à fin février 2026 et un trafic aérien en progression de 7,91% à 5.909.802 passagers, selon la presse économique.
Pour une valeur exposée à la consommation hors domicile, aux hôtels, restaurants, cafés et circuits premium, cette combinaison de volumes touristiques et de dépenses en devises change la lecture du dossier. Dans une séance où 42 valeurs ont reculé, contre 22 hausses et 4 inchangées, le marché a clairement distingué les sociétés susceptibles de capter un surcroît immédiat de demande domestique et touristique.
Key figures
- Oulmès +6,0% à 1.239 MAD
- MASI -0,16% à 17.525,32 points
- Recettes touristiques: 21,38 Md MAD, en hausse de 22%
- Trafic aérien: 5.909.802 passagers, en hausse de 7,91%
- Brent: 106,89 $/bbl, en hausse de 5,7% sur la séance
Contexte de marché: le cours MASI recule, la consommation sélective résiste
Sur le front de la bourse Casablanca aujourd’hui, le tableau d’ensemble est resté prudent. Le MASI 20 a perdu 0,03% à 1.326,91 points, le MASI ESG a cédé 0,17% à 1.215,13 points, tandis que le MASI Mid and Small Cap a abandonné 0,29% à 1.794,2 points. Depuis le début de l’année, la baisse atteint 7,01% pour le MASI et 10,68% pour le MASI 20, ce qui montre que la séance du jour s’inscrit dans un marché encore en phase de digestion après un premier trimestre heurté.
Les volumes se sont concentrés sur quelques dossiers liquides. Attijariwafa Bank a drainé 53,16 millions de MAD d’échanges pour un repli de 0,3%, TGCC a totalisé 50,04 millions de MAD pour une baisse de 0,3%, tandis que Douja Prom Addoha a brassé 39,92 millions de MAD en gagnant 2,2%. Cette concentration confirme que les flux restent sélectifs: les investisseurs arbitrent entre valeurs défensives, dossiers de croissance domestique et titres sensibles au cycle immobilier.
Le contexte macro mondial a aussi pesé sur le ton de la séance. Le Brent a rebondi de 5,7% à 106,89 dollars le baril, dans un marché international secoué par les risques sur l’offre énergétique liés à la guerre Iran-Israël, selon les gros titres globaux fournis. Pour le Maroc, importateur net d’énergie, une telle poussée du pétrole renchérit la facture énergétique et peut rogner les marges de nombreux secteurs, du transport à l’industrie. En parallèle, l’EUR/MAD a progressé de 3,72% à 10,801, un mouvement significatif qui peut soutenir les recettes converties en dirhams pour les activités liées aux visiteurs européens, tout en augmentant le coût des intrants importés facturés en euro.
Pourquoi Oulmès a pris 6% malgré un marché en baisse
La hausse de 6,0% d’Oulmès ressemble à une revalorisation thématique plus qu’à un simple rebond technique. La veille, le titre avait chuté de 5,57% à 1.169 MAD, selon les données de marché, avec une performance annuelle encore négative de 1,10%. Le mouvement du 2 avril efface donc plus que la baisse de la veille et replace le titre au centre d’un narratif très concret: plus de touristes, plus de nuitées, plus de consommation de boissons dans les circuits CHR et premium.
Le lien économique est direct. Des recettes touristiques de 21,38 milliards de MAD à fin février signifient non seulement davantage d’arrivées, mais aussi un panier de dépense plus élevé. Pour Oulmès, qui opère sur l’eau embouteillée et les boissons positionnées sur la restauration, l’hôtellerie et les points de vente à forte fréquentation, l’amélioration du mix de demande peut compter autant que les volumes. Un trafic aérien à 5,9 millions de passagers sur les deux premiers mois de l’année suggère en outre une saison qui démarre plus tôt, ce qui peut lisser l’activité avant le pic estival.
Cette lecture est renforcée par le comportement d’autres valeurs liées à la consommation. Société des Boissons du Maroc a progressé de 3,2% à 2.270 MAD après avoir perdu 2,22% la veille à 2.200 MAD. Le marché semble donc avoir acheté un même thème: la demande hors domicile pourrait mieux résister que prévu au premier semestre 2026. À l’inverse, RISMA a reculé de 1,3% à 310 MAD, malgré l’annonce d’un compromis de vente du Sofitel Casablanca Tour Blanche pour 450 millions de MAD signée le 9 février 2026. Cela montre que le marché distingue les opérateurs de consommation immédiate des dossiers hôteliers où les arbitrages d’actifs et les calendriers d’exécution pèsent davantage.
Les autres signaux de la séance: banques, immobilier et pression sur les coûts
En soutien secondaire, les financières ont offert une image contrastée. BCP a gagné 2,1% à 248,2 MAD et Bank of Africa 1,5% à 203 MAD, alors que CIH a perdu 1,8% à 360,2 MAD et CDM 2,2% à 1.005 MAD. Cette dispersion rappelle que, dans le marché financier Maroc, la profondeur du compartiment bancaire ne suffit pas à tirer l’indice quand la sélectivité domine et que les investisseurs arbitrent dossier par dossier.
L’immobilier a également animé la cote. Addoha a avancé de 2,2% à 32,25 MAD après avoir déjà gagné 8,27% la veille à 31,56 MAD; selon LesEco.ma, le groupe a amélioré son résultat net consolidé de 70% en 2025, tandis que son chiffre d’affaires consolidé a progressé de 4% à 2,7 milliards de MAD d’après les données fournies. Résidences Dar Saada, en revanche, a reculé de 1,8% à 143 MAD malgré un chiffre d’affaires 2025 multiplié par 2,0 à 469 millions de MAD. Là encore, la Bourse ne récompense pas mécaniquement la croissance publiée: elle la compare aux attentes, à la liquidité du titre et à la visibilité sur 2026.