Le MASI a clôturé à 17236,4 points (-0,04%) ce 24 mars 2026, effaçant les gains intrajournaliers qui avaient porté l'indice au-dessus des 17300 points en milieu de séance. Cette performance mitigée masque une rotation sectoriale brutale : alors que le compartiment pétrolier résiste à la volatilité globale, les importateurs de biens de consommation subissent la double pression d'un dollar à 9,3268 MAD (+3,23%) et d'un Brent à 104,53 dollars le baril (+4,6%), selon les données de change fournies par les opérateurs du marché des devises.
La bourse Casablanca aujourd'hui affiche une largeur de marché quasi équilibrée mais révélatrice des tensions sous-jacentes : 31 valeurs en hausse contre 29 en baisse et 8 stables, sur un total de 68 titres actifs. Le MASI 20, baromètre des grandes capitalisations liquides, recule de 0,02% à 1322,09 points, creusant son retard annuel à -11,01%. Cette sous-performance spectaculaire par rapport au MASI global (-8,54% YTD) et au MASI ESG (-5,1% YTD, +0,19% aujourd'hui) traduit la fuite des investisseurs des poids lourds traditionnels vers des valeurs mid-cap plus défensives ou exposées aux tendances ESG.
Lesieur Cristal a dominé le palmarès avec une envolée de 8,7% à 386 MAD, capitalisant sur l'explosion des marges de raffinage induite par la flambée du pétrole brut. Le conflit en Iran et les tensions au Moyen-Orient ont propulsé le Brent de plus de 4,6% en une séance, créant un environnement favorable aux raffineurs locaux qui bénéficient d'un différentiel de prix favorable entre le brut importé et les produits raffinés vendus sur le marché domestique. Cette performance intervient alors que le groupe affine sa stratégie sur le marché des huiles alimentaires et des dérivés, secteur où la demande intérieure reste rigide malgré l'inflation.
À l'inverse, la () a chuté de , tandis que reculait de et de . Ces trois valeurs partagent une exposition directe aux coûts d'importation : SBM dépend des concentrés et matières premières agricoles achetés en devises, Label Vie importe une part significative de son offre alimentaire, et Auto Hall est pénalisé par la hausse des véhicules et pièces détachées en euros et dollars. La dépréciation du dirham face à l'euro (, +3,02%) aggrave la compression des marges opérationnelles pour ces distributeurs déjà soumis à une concurrence acharnée.
