Bourse de Casablanca — MASI +0,16% du 4 au 8 mai, les mid caps mènent malgré 33 baisses
Le MASI a progressé de 0,16% sur la semaine du 4 au 8 mai 2026, porté par les mid et small caps (+0,60%) plus que par les grandes capitalisations. Le détachement du dividende de CDM et l’activité soutenue sur Sonasid et TGCC ont structuré une semaine sélective.
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Le marché casablancais a terminé la semaine du 4 au 8 mai 2026 sur une hausse limitée mais significative du MASI de 0,16% à 18.950,94 points, un gain qui masque une réalité plus contrastée: 33 valeurs ont reculé, contre 24 en hausse et 23 inchangées. Cette progression a surtout été portée par les segments moins lourds de la cote, avec le MASI Mid and Small Cap en hausse de 0,60%, alors que les grandes capitalisations sont restées plus hésitantes.
Le point saillant de la semaine n’a pas été une envolée généralisée, mais une rotation très sélective entre dossiers domestiques, valeurs industrielles et titres animés par les opérations sur capital. Le détachement du dividende de CDM annoncé le 7 mai et celui d’Auto Hall le 5 mai ont rappelé que le marché entre dans une phase où le rendement cash, plus que la seule dynamique de cours, redevient un moteur de lecture pour les investisseurs.
Chiffres clés
- MASI: 18.950,94 points, soit +0,16% sur la semaine
- MASI Mid and Small Cap: +0,60%, contre MASI 20: +0,24%
Contexte de marché: un cours MASI stable, mais une cote loin d’être homogène
Dans cette analyse bourse Casablanca, la première lecture est celle d’un marché qui tient ses niveaux sans véritable emballement. Le MASI 20 n’a gagné que 0,24% à 1.384,03 points, tandis que le MASI ESG a avancé de 0,39% à 1.338,62 points. Depuis le début de l’année, le contraste reste marqué: le MASI n’affiche qu’un modeste +0,55%, alors que le MASI Mid and Small Cap grimpe de 7,77%, signe d’un appétit plus fort pour les dossiers de taille intermédiaire que pour les poids lourds traditionnels.
Cette divergence n’est pas anodine sur une place où les banques et les télécoms concentrent une part importante de la capitalisation. Quand les grandes bancaires progressent peu, l’indice principal avance mécaniquement moins vite, même si plusieurs lignes industrielles ou de niche signent des hausses de 4% à 6%. C’est exactement ce qui s’est produit cette semaine: Attijariwafa Bank a certes gagné 0,4% avec 7,47 MDH échangés, mais ce sont surtout les valeurs industrielles et financières secondaires qui ont donné du relief à la cote.
Le contexte macro mondial a aussi joué un rôle de modération. Le Brent a certes rebondi de 1,4% sur la séance de vendredi à 101,43 dollars le baril, mais il reste en baisse de 11,4% sur la semaine, dans un marché mondial tiraillé entre craintes géopolitiques au Moyen-Orient et anticipations plus baissières sur la demande en 2026. Pour le Maroc, importateur net d’énergie, ce recul hebdomadaire du pétrole est plutôt favorable aux marges des secteurs consommateurs d’énergie et à la facture d’importation. En revanche, la hausse de 2,18% de l’EUR/MAD à 10,713 renchérit les achats libellés en euro pour les importateurs, ce qui peut peser sur certaines valeurs de distribution, d’équipement ou de transformation.
Mid caps et industrielles en tête, dans une semaine de sélection plus que de tendance
La meilleure performance hebdomadaire est revenue à Sanlam Maroc, en hausse de 6,2% à 3.118 MAD, devant Zellidja à +6,0% et Sonasid à +4,6% à 2.245 MAD. Le cas de Sonasid mérite une attention particulière, non seulement pour la hausse du titre, mais aussi pour son statut de valeur la plus active de la semaine avec 18,56 MDH de volume. Quand un titre combine progression de près de 5% et premier rang en liquidité, cela traduit généralement un repositionnement plus profond qu’un simple ajustement technique.
Cette fermeté de Sonasid s’inscrit dans un environnement où les investisseurs cherchent des dossiers exposés au cycle domestique, notamment à la construction et aux infrastructures. La présence de TGCC parmi les plus gros volumes, avec 13,54 MDH échangés et une hausse de 1,2% à 825 MAD, va dans le même sens. Le marché semble continuer à valoriser les entreprises susceptibles de bénéficier de la montée en cadence des chantiers privés et publics, alors même que la hausse du blé de 2,8% et la volatilité des matières premières rappellent que les coûts restent un sujet central pour les marges industrielles.
Les minières ont également résisté. SMI a gagné 4,6% à 10.198 MAD avec 7,26 MDH de volume, dans un contexte où les métaux précieux restent élevés: l’or a progressé de 0,6% à 4.725,5 dollars, l’argent de 1,6% à 80,96 dollars et le platine de 0,3% à 2.055,1 dollars. Même si les corrélations ne sont jamais mécaniques à court terme, le maintien de prix élevés sur les métaux soutient la lecture sectorielle des investisseurs sur les producteurs et opérateurs liés aux ressources.
Le dividende de CDM remet le rendement au centre du jeu
L’événement corporate le plus clair de la semaine est venu de CDM, qui a annoncé le 7 mai le détachement de son dividende. Le titre a reculé de 1,4% à 1.016 MAD, un mouvement cohérent avec la mécanique classique d’ajustement ex-dividende. Ce type de baisse n’envoie pas nécessairement un signal négatif sur les fondamentaux; il traduit d’abord la sortie du coupon du prix de marché.
Le même phénomène a concerné Auto Hall, dont le dividende a été détaché le 5 mai. Le titre a pourtant terminé en hausse de 1,0% à 75,5 MAD, ce qui suggère une absorption rapide de l’effet technique par le marché. Pour les investisseurs particuliers, c’est un rappel utile: en période de distribution, la lecture de la performance hebdomadaire doit distinguer variation de cours “brute” et rendement total incluant le cash versé.
La Bourse de Casablanca a aussi publié le 4 mai une communication sur la condition de volume appliquée aux programmes de rachat en bourse. Même si cette annonce n’a pas provoqué de réaction spectaculaire sur les indices, elle compte pour la microstructure du marché. Des règles de volume plus explicites encadrent mieux l’exécution des rachats, ce qui peut améliorer la lisibilité de la liquidité sur certains dossiers peu échangés et limiter les distorsions de prix sur des séances étroites.
Distribution, consommation et financières: des signaux plus dispersés
En dehors des locomotives industrielles, la semaine a livré plusieurs signaux sectoriels. Salafin a progressé de 4,1% à 484,95 MAD, AFMA de 3,3% à 1.240 MAD et Bank of Africa de 2,4% à 208,9 MAD, montrant que les financières n’ont pas été absentes du mouvement, même si la hausse n’a pas été assez large pour transformer la physionomie du MASI 20. La progression de BOA est à lire aussi à travers l’exposition régionale du groupe, dans un environnement où les flux de change et les conditions monétaires restent hétérogènes entre le Maroc et l’Afrique de l’Ouest.
Dans la consommation, Cosumar a gagné 2,2% à 189 MAD et Dari Couspate2,2% à 4.190 MAD. Ces hausses interviennent alors que plusieurs matières premières agricoles ont corrigé à l’international, avec le cacao en baisse de 2,5% et le café de 5,5%, mais avec un coton en hausse de 1,5% et un blé en hausse de 2,8%. Pour les groupes agroalimentaires marocains, l’effet n’est jamais uniforme: tout dépend du panier d’intrants, de la capacité de couverture et du pouvoir de répercussion sur les prix finaux.
Côté baisses, Wafa Assurance a cédé 3,3% à 5.550 MAD, TotalEnergies Marketing Maroc1,8% à 1.620 MAD et CFG Bank1,4% à 210 MAD. Pour TotalEnergies Marketing Maroc, le recul hebdomadaire du Brent de 11,4% peut nourrir des arbitrages sur les valeurs liées à l’énergie, même si la baisse du pétrole peut aussi, à moyen terme, soutenir la demande et alléger certains coûts logistiques dans l’économie. Le marché a donc envoyé un message nuancé: la détente sur l’énergie est positive pour le pays, mais pas automatiquement haussière pour toutes les valeurs du compartiment pétrolier coté.
Les dossiers d’entreprise en toile de fond
Hors flux de marché pur, plusieurs annonces ont alimenté le bruit de fond de la semaine. Selon AgriMaroc.ma, CMGP Group a finalisé l’acquisition de CPCM, et le titre a terminé en hausse de 1,1% à 374 MAD. Selon Medias24 et Lebrief, Akdital a renforcé son partenariat d’accréditation avec Agrément Canada sur 12 établissements, ce qui nourrit la thèse d’expansion qualitative du secteur de la santé privée, même si la valeur ne figure pas parmi les moteurs boursiers de la semaine.
Dans la distribution, le projet de fusion entre Label’Vie et Retail Holding, rapporté par L’Economiste, LesEco.ma et H24info, constitue un sujet stratégique pour la cote marocaine. Même sans impact chiffré immédiat dans les données hebdomadaires fournies ici, cette opération pourrait redessiner la lecture sectorielle du retail coté en créant un acteur de taille plus importante. Sur le front des publications, Mutandis a annoncé un chiffre d’affaires du T1 2026 en baisse de 6%, pénalisé par les États-Unis, selon Medias24 et Financial Afrik. Ce recul rappelle que, même sur la place de Casablanca, les trajectoires de croissance restent sensibles à la demande externe et aux arbitrages commerciaux internationaux.