Le TUNINDEX a cédé 1,14% à 15 237,45 points ce lundi 16 mars 2026, plombé par une déroute des valeurs bancaires qui a contré la résistance affichée par le secteur automobile et les compagnies aériennes, alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient maintiennent le Brent à des niveaux de crise autour des 100,31 $ le baril, pénalisant l'outre-mer tunisien importateur net d'énergie.
Contexte de marché : une prudence généralisée
L'indice de référence TUNINDEX20, plus concentré sur les grandes capitalisations, a accentué la tendance baissière avec une perte de 1,31% à 6 778,39 points, selon les données transmises par la BVMT (Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis). La largeur du marché reflétait une défensive marquée des investisseurs face à la volatilité des matières premières : sur 75 valeurs cotées, 30 ont fini dans le rouge contre 16 en hausse et 29 inchangées, traduisant un rapport acheteurs/vendeurs clairement favorable aux baissiers. Le volume des échanges, bien que non communiqué officiellement par la BVMT à cette heure, semblait concentré sur les valeurs sensibles aux cycles économiques, selon des observations de marché rapportées par Financial Afrik. La séance s'inscrivait dans un contexte régional difficile, où les Bourses africaines peinaient à digérer le choc pétrolier provoqué par les tensions au Moyen-Orient.
Le secteur bancaire sous pression fiscale
Le secteur financier, traditionnellement locomotive de la cote tunisienne, a particulièrement souffert des craintes sur la soutenabilité de la dette souveraine. Attijari Bank, l'une des plus grandes capitalisations de la place, a mené la descente avec un recul de 4,7% à 70,51 TND, effaçant une partie des gains accumulés depuis le début de l'année. Cette correction intervient alors que le baril de Brent, bien qu'en baisse de 2,7% sur la séance à 100,31 $, affiche une envolée de sur une semaine, accentuant les inquiétudes sur le déficit commercial tunisien. La Tunisie, importatrice nette d'énergies à hauteur de plus de de ses besoins, voit chaque hausse de 10 dollars du baril gonfler sa facture énergétique d'environ annuel, selon des estimations du Centre d'Études et de Recherches sur les Énergies Renouvelables. Cette pression budgétaire menace directement la qualité du portefeuille des banques locales, détentrices significatives de papier d'État, expliquent des analystes contactés par Afrivestia. Dans ce contexte, BTE (ADP) a perdu à et Tunis Re a cédé à , tandis que l'assureur Unimed reculait de à . À l'inverse, Wifack International Bank a dérogé à la tendance sectorielle avec une appréciation de à , possiblement soutenu par une exposition moindre aux risques souverains ou des anticipations sur ses résultats trimestriels, selon des rumeurs de marché communiquées au CMF (Conseil du Marché Financier).
