Le TUNINDEX a terminé la séance du jeudi 12 mars 2026 en hausse de 1,51% à 15 499,14 points, affichant une résilience contre-intuitive face à la turbulence des marchés pétroliers internationaux où le Brent a clôturé à 96,42 dollars le baril (+4,8% en séance), dopé par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Cette performance intervient alors que la Tunisie, importatrice nette d'énergie, voit sa monnaie se déprécier de 0,74% face au dollar à 2,9185 TND pour un USD, ce qui aurait dû peser sur les valuations boursières. Cependant, un rallye ciblé sur le secteur bancaire et une opération corporate majeure sur SOTUVER ont inversé la logique macroéconomique traditionnelle.
Contexte de marché : les grandes capitalisations tirent l'ensemble de la cote
L'indice TUNINDEX20, reflétant les grandes capitalisations, a surperformé avec un gain de 1,75% à 6 908,40 points, contre 1,51% pour l'indice large, signalant une concentration des achats sur les valeurs liquides. La largeur du marché affiche un profil mitigé avec 25 valeurs en hausse, 22 en baisse et 28 inchangées sur les 75 titres cotés, selon les données de la Bourse de Tunis. Ce ratio de 1,14 hausse/baisse révèle une sélectivité marquée des investisseurs, privilégiant les secteurs exposés aux cycles économiques domestiques plutôt que les valeurs sensibles aux chocs externes.
Le secteur bancaire propulse la séance
Le secteur bancaire a constitué le moteur principal de la journée, BIAT grimpant de 3,5% à 145,99 TND, BNA de 3,7% à 14,88 TND et ATB de 3,9% à 3,74 TND. Cette envolée intervient dans un contexte où la dépréciation du dinar face au dollar (+0,74%) pourrait paradoxalement bénéficier aux établissements disposant d'actifs en devises et d'opérations de change. Par ailleurs, le Conseil du Marché Financier (CMF) a annoncé ce jeudi la prolongation de la date limite pour le dépôt des candidatures au poste d'administrateur indépendant président du comité des risques à la BH BANK, témoignant d'une intensification des exigences de gouvernance qui rassurent les investisseurs institutionnels sur la stabilité managériale du secteur.
Le contraste entre les performances bancaires et la faiblesse des valeurs immobilières illustre la dichotomie structurelle du marché tunisien, où les établissements financiers, qu'ils soient publics comme BNA ou privés comme BIAT et ATB, capitalisent sur la hausse des taux d'intérêt et l'activité de change pour compenser la croissance atone du crédit à l'économie. La progression de 3,9% d'ATB à 3,74 TND et de 3,7% de BNA à 14,88 TND suggère que les investisseurs anticipent une résilience des marges d'intérêt nettes malgré la dépréciation monétaire, alors que les créances en devises génèrent des revenus de conversion favorables.
