Le MASI a clôturé sans direction à 17 157,76 points (+0,00%) ce jeudi 12 mars 2026, dans une séance où les 360 MDH échangés ont révélé une rotation sectorielle spectaculaire : les établissements bancaires ont affiché des gains vigoureux tandis que les sociétés de crédit à la consommation s'effondraient sous les pressions conjoncturelles et réglementaires. L'indice global affiche désormais une perte de -8,96% depuis le début de l'année, tandis que le MASI 20, plus représentatif des grandes capitalisations, recule de -11,83% à 1 309,89 points, creusant l'écart avec les performances des places boursières régionales comme Johannesburg ou Lagos.
La breadth du marché reste toutefois positive avec 32 valeurs en hausse contre 25 en baisse et 6 inchangées, sur un total de 63 sociétés cotées, selon les données communiquées par la Bourse de Casablanca. Ce tableau contrasté s'explique en partie par la forte appréciation de l'euro face au dirham, le cross EUR/MAD s'établissant à 10,81 (+2,82%), son plus haut niveau depuis plusieurs semaines. Cette hausse de la monnaie européenne favorise mécaniquement les émetteurs disposant d'expositions commerciales ou financières en zone euro, tout en pesant sur les importateurs de biens et services libellés en dollars, le USD/MAD progressant de 0,65% à 9,3907.
Le secteur bancaire a constitué le principal bastion haussier de la séance, porté par l'amélioration des perspectives de marges d'intérêt. CFG Bank a gagné 3,5% à 212,2 MAD, portant sa capitalisation boursière malgré une performance YTD toujours négative de -13,39%, tandis que BMCI progressait de 3,4% à 610 MAD. Cette résilience s'explique par l'environnement de taux élevés maintenus par Bank Al-Maghrib, qui soutient les marges d'intérêt net des établissements de crédit, combinée à l'effet positif de l'appréciation euro sur les actifs détenus par ces banques au sud de la Méditerranée. « Les bancaires marocaines bénéficient d'un différentiel de taux favorable et d'une exposition croissante aux marchés africains via le BRVM, ce qui compense partiellement la faiblesse de la demande de crédit domestique », analyse un stratège chez Attijariwafa Bank Global Research cité par Medias24.
