Bourse de Tunis — TUNINDEX -0,50% sur la semaine, les financières résistent au décrochage des matériaux
Le TUNINDEX a cédé 0,50% sur la semaine du 20 au 24 juillet 2026, pénalisé par les matériaux et la consommation, tandis que les services financiers ont gagné 0,45%. Les publications T2 de STB, PGH et SFBT ont confirmé un marché plus sélectif dans un contexte de pétrole élevé et de dinar sous pression.
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Le marché boursier tunisien a terminé la semaine du 20 au 24 juillet 2026 sur une note plus défensive, avec un TUNINDEX en baisse de 0,50% à 20.847,19 points et un TUNINDEX20 en repli de 0,53% à 9.199,34 points. Le contraste le plus net est venu des financières, dont l’Indice des Services Financiers a progressé de 0,45%, alors que les compartiments les plus sensibles aux coûts d’intrants et à la demande domestique ont reculé, à commencer par les matériaux de base (-1,91%) et les produits ménagers et de soin personnel (-1,36%).
Cette rotation sectorielle n’est pas isolée du contexte global. Le Brent a certes reculé de 4,9% sur la séance de vendredi à 95,74 dollars le baril, mais il reste en hausse de 7,3% sur la semaine, tandis que l’EUR/TND a gagné 2,69% à 3,3637 et le USD/TND 0,87% à 2,9545. Pour une économie importatrice nette d’énergie comme la Tunisie, cette combinaison renchérit simultanément la facture énergétique, les achats de matières premières et une partie des équipements importés, ce qui explique en partie la sous-performance des valeurs industrielles et de consommation.
Chiffres clés
- TUNINDEX: 20.847,19 points (-0,50% sur la semaine)
Le recul hebdomadaire reste modéré au regard de la performance accumulée depuis le début de l’année. Le TUNINDEX affiche encore +55,0% en 2026, tandis que le TUNINDEX20 gagne 53,96%, des niveaux qui placent Tunis parmi les places les plus dynamiques de la région. Cette hausse rapide rend le marché plus exigeant sur les publications du deuxième trimestre: à ces multiples, les investisseurs sanctionnent plus vite les déceptions opérationnelles et privilégient les dossiers offrant de la visibilité sur les marges et le coût du risque.
La largeur du marché confirme ce biais sélectif. Sur 75 valeurs cotées, 35 ont reculé, contre 20 en hausse et 20 inchangées. Autrement dit, la baisse des indices n’a pas été provoquée par un seul poids lourd, mais par une pression diffuse sur plusieurs segments. Dans une logique de bourse Tunis aujourd’hui, cela traduit moins un retournement brutal qu’une phase de digestion, après des gains annuels supérieurs à 60% pour les banques (+64,92%), les assurances (+63,85%) et l’ensemble des sociétés financières (+65,14%).
Les financières amortissent le choc, malgré la baisse de STB
Le fait marquant de la semaine est la capacité du pôle financier à tenir le marché malgré quelques prises de bénéfices visibles. L’Indice des Banques a cédé 0,46% sur la séance de vendredi, mais il conserve +64,92% depuis janvier, pendant que l’Indice des Services Financiers progresse de 0,45% sur la période observée. Cette résilience s’explique par le flux de publications T2, qui continue d’alimenter la lecture fondamentale du secteur, d’après les communiqués diffusés via le CMF.
Parmi les mouvements individuels, STB a chuté de 4,6% à 6,20 TND après la publication de ses indicateurs du deuxième trimestre 2026 le 23 juillet, selon le calendrier officiel du marché. Le repli du titre montre que le marché ne se contente plus d’une exposition bancaire générale: il discrimine davantage entre établissements publics et privés, entre profils de rentabilité et qualité d’exécution. À l’inverse, UIB a gagné 2,3% à 36,90 TND, tandis qu’ATB a pris 1,8% à 3,98 TND, signe qu’une partie des flux reste orientée vers les financières jugées plus défensives dans un environnement de coûts importés en hausse.
Cette préférence relative pour les financières a aussi une logique macroéconomique. Quand le dinar se déprécie face à l’euro de 2,69% sur la semaine et que le pétrole reste proche de 96 dollars, les secteurs industriels voient leurs marges comprimées plus vite que les banques ou les sociétés de services financiers, qui peuvent mieux absorber le choc via la structure de leurs revenus, même si elles restent exposées au ralentissement du crédit et au coût du risque. Dans une analyse bourse Tunis, c’est ce différentiel de sensibilité aux intrants importés qui a dominé la semaine.
Matériaux et consommation sous pression avec l’effet pétrole-devise
Le compartiment des matériaux a été le principal point faible. L’Indice Matériaux de Base a reculé de 1,91%, même s’il conserve +37,46% depuis le début de l’année, tandis que l’Indice Bâtiment et Matériaux de Construction a cédé 0,09% sur la séance de clôture et reste à +15,89% YTD. Les baisses de TPR (-3,8% à 14,80 TND), SOTEMAIL (-4,2% à 2,52 TND), SOMOCER (-3,1% à 0,62 TND) et Ciments de Bizerte (-2,5% à 0,79 TND) illustrent cette fragilité.
Le lien avec le macro est direct. Les industriels tunisiens importent une part importante de leurs intrants, de l’énergie aux composants, souvent facturés en euro ou en dollar. Avec un EUR/TND à 3,3637 et un USD/TND à 2,9545, la hausse des coûts peut effacer une partie des gains de volume, surtout dans les segments où le pouvoir de fixation des prix reste limité. Le repli de AIR LIQUIDE TSIE de 1,7% à 231,0 TND et celui de SAH de 1,5% à 13,79 TND s’inscrivent dans cette même logique de prudence sur les marges.
La consommation n’a pas offert de refuge. L’Indice Produits Ménagers et de Soin Personnel a perdu 1,36%, l’Indice Agro-alimentaire et Boissons 0,63% sur la séance de vendredi, et l’Indice des Biens de Consommation 0,77%. Pourtant, ces trois indices restent en forte hausse sur l’année, respectivement +2,61%, +38,18% et +29,79%, ce qui suggère davantage des arbitrages de valorisation qu’un désengagement structurel. Les indicateurs T2 de SFBT, publiés le 20 juillet, et ceux de Monoprix le 22 juillet, ont nourri cette lecture plus sélective, même si les valeurs bloquées par la consigne éditoriale ne doivent pas être au centre du récit.
Les publications T2 dictent le tempo, PGH et ICF au centre des comparaisons
La semaine a été dense sur le front réglementaire, avec 20 annonces officielles recensées entre le 20 et le 23 juillet, principalement des indicateurs d’activité du deuxième trimestre. C’est un point crucial sur la place de Tunis, où les dépôts auprès du CMF structurent largement le flux d’information, davantage que les notes d’analystes, encore limitées. Les publications de PGH le 23 juillet, de ICF le 20 juillet, de SMART Tunisie le 23 juillet et de Tunis Re le 21 juillet ont ainsi servi de baromètre sectoriel.
Le titre ICF a progressé de 2,7% à 144,90 TND, ce qui tranche avec la faiblesse générale des matériaux et suggère une lecture plus nuancée du segment chimique. À l’inverse, le marché a davantage sanctionné les dossiers où la visibilité sur les coûts et la demande reste plus faible. ASSAD a gagné 4,2% à 2,51 TND après un communiqué de presse publié le 23 juillet, preuve qu’un flux réglementaire ou corporate crédible peut encore déclencher un rebond tactique, même dans un compartiment industriel sous pression.
Les meilleures performances hebdomadaires ont été concentrées sur des capitalisations secondaires, ce qui renforce l’idée d’un marché de stock-picking plutôt que d’un mouvement directionnel large:
•OFFICEPLAST: +5,0% à 1,69 TND
•TUNINVEST-SICAR: +4,5% à 48,07 TND
•SITS: +4,4% à 4,79 TND
•ASSAD: +4,2% à 2,51 TND
•TAWASOL GP HOLDING: +3,9% à 0,81 TND
À l’autre extrémité, les plus fortes baisses ont touché des valeurs exposées soit à la pression sur les coûts, soit à des prises de bénéfices après de forts parcours:
Ce que dit vraiment le TUNINDEX cours en juillet 2026
Le TUNINDEX cours de cette fin de semaine raconte un marché moins euphorique mais pas cassé. Les secteurs les plus performants depuis janvier restent les services financiers (+70,18%), les sociétés financières (+65,14%), les banques (+64,92%) et les assurances (+63,85%). En face, les compartiments plus cycliques ou plus dépendants des importations montrent davantage de nervosité à mesure que le pétrole remonte et que le dinar s’affaiblit.
Cela compte aussi pour la lecture macro tunisienne. La Tunisie, importatrice nette d’énergie, voit son équilibre extérieur plus rapidement fragilisé quand le Brent remonte de 7,3% sur une semaine, même si la détente de vendredi sous 100 dollars a offert un répit. Une devise plus faible face à l’euro pèse également sur les entreprises qui importent équipements, emballages, intrants chimiques ou pièces détachées. À l’inverse, certains exportateurs peuvent partiellement compenser via l’effet change, mais seulement si la demande externe tient et si les coûts énergétiques n’absorbent pas ce gain.
Perspective: résultats, CMF et sensibilité au pétrole