Bourse de Casablanca — Le MASI gagne 0,59% mais les mid caps reculent de 0,63%, SMI chute de 7%
Le MASI a progressé de 0,59% ce 8 juin 2026, porté par les grandes capitalisations et l’ESG, tandis que le segment mid et small cap a cédé 0,63%. La baisse de SMI (-7,0%) et le repli des minières contrastent avec la fermeté des banques, des cimentiers et des valeurs énergétiques.
|6 min read
Le contraste a dominé la Bourse de Casablanca aujourd'hui: le MASI a gagné 0,59% à 18.629,14 points ce lundi 8 juin 2026, alors que le MASI Mid and Small Cap a reculé de 0,63% à 1.858,1 points. Cette divergence sectorielle dit beaucoup de la séance: les grandes capitalisations bancaires, ESG et industrielles ont absorbé la pression qui a frappé les minières et plusieurs valeurs moyennes, avec SMI en chute de 7,0% à 8.000 MAD sur un volume de 12,09 millions de MAD.
Le mouvement est d’autant plus significatif que le MASI 20 a avancé de 0,77% à 1.330,46 points et que le MASI ESG a pris 0,92% à 1.366,43 points, alors que le MASI affiche encore une performance YTD de -1,15%. Autrement dit, le marché financier Maroc reste sélectif: les flux se concentrent sur les dossiers liquides, visibles et défensifs, pendant que les segments mid caps peinent à suivre malgré une cote relativement équilibrée, avec 29 hausses, 27 baisses et 24 valeurs inchangées sur 80 titres.
Cette hiérarchie sectorielle n’est pas isolée du contexte global. Le Brent à 94,45 dollars le baril a rebondi de 1,5% sur la séance, même s’il reste en baisse de 3,4% sur la semaine, dans un marché secoué par les tensions au Moyen-Orient et les craintes sur le détroit d’Ormuz, selon les gros titres internationaux cités dans le brief. Pour le Maroc, importateur net d’énergie, un pétrole proche de 95 dollars renchérit la facture énergétique et pèse sur les marges des secteurs les plus sensibles aux intrants. En parallèle, le USD/MAD a grimpé de 3,80% à 9,2389 et l’EUR/MAD de 2,96% à 10,666, un double mouvement qui augmente le coût des importations libellées en devises et favorise mécaniquement les groupes capables de répercuter ces hausses ou de s’appuyer sur des revenus diversifiés.
Mid caps sous pression: les minières tirent le segment vers le bas
Le cœur du rapport sectoriel se trouve là: le segment BVC mid cap stocks a sous-performé malgré un MASI dans le vert, parce que la pression s’est concentrée sur des dossiers à bêta élevé et à sensibilité matières premières. SMI a décroché de 7,0% à 8.000 MAD, signant l’une des plus fortes baisses du jour, alors même que le titre a figuré parmi les plus traités avec 12,09 millions de MAD. Cette combinaison d’un fort volume et d’une baisse marquée traduit généralement un désengagement net, et non un simple manque de liquidité.
Le repli de Minière Touissit a renforcé ce signal, avec une baisse de 4,2% à 4.700 MAD. Le paradoxe apparent est que l’or a progressé de 0,7% à 4.369 dollars l’once, mais les métaux du groupe du platine ont corrigé, avec le platine en baisse de 1,9% et le palladium en recul de 2,8%. Surtout, les investisseurs locaux arbitrent souvent les minières marocaines non seulement sur la base du spot des métaux, mais aussi sur la visibilité des cash-flows, le risque de change et la profondeur du carnet. Quand le dollar se renforce de 3,8% face au dirham et que les tensions géopolitiques augmentent la volatilité des matières premières, les petites et moyennes capitalisations minières deviennent plus exposées aux prises de bénéfices.
À l’inverse, Managem a mieux résisté, avec une hausse de 1,1% et surtout le premier volume du marché à 32,87 millions de MAD. Cette surperformance relative face à SMI suggère une préférence pour les groupes miniers plus diversifiés, plus liquides et mieux suivis par le marché. Dans une analyse bourse Casablanca, ce point est central: le marché ne vend pas indistinctement le thème minier, il discrimine entre profils de risque, profondeur de bilan et capacité à absorber les chocs externes.
ESG, banques et industrielles: les poches de résilience du marché
La progression du MASI ESG de 0,92% montre que les flux se sont orientés vers des valeurs perçues comme plus robustes sur le plan opérationnel. Les banques ont joué leur rôle habituel de stabilisateur dans un indice où leur poids reste déterminant. Attijariwafa Bank a avancé de 0,5% sur 12,56 millions de MAD d’échanges, tandis que CIH a gagné 1,7% à 355 MAD et Bank of Africa2,5% à 205 MAD. Dans un marché où le MASI 20 recule encore de 10,45% depuis le début de l’année, cette capacité des bancaires à attirer les flux reste un facteur de soutien structurel.
Les industrielles et les matériaux ont également contribué à la hausse de l’indice principal. Ciments du Maroc a progressé de 3,4% à 1.695 MAD, LafargeHolcim Maroc de 2,1% à 1.895 MAD, et Jet Contractors de 3,6% à 2.170 MAD. Ce trio raconte une histoire macroéconomique précise: malgré la pression sur les coûts importés liée à l’EUR/MAD à 10,666, le marché continue de valoriser les groupes exposés à l’investissement, à l’infrastructure et à la construction, probablement parce que leur visibilité domestique compense une partie du risque externe.
Le compartiment énergétique a lui aussi participé au soutien du MASI. TotalEnergies Marketing Maroc a gagné 3,1% à 1.550 MAD et TAQA Morocco1,7% à 1.750 MAD. La logique est différente selon les modèles d’affaires, mais la remontée du Brent vers 94,45 dollars remet le secteur au centre des arbitrages. Pour les distributeurs, la question est celle de la transmission des prix et des volumes; pour les producteurs d’électricité, celle du coût des intrants et des contrats. Dans tous les cas, la hausse du pétrole n’est jamais neutre pour la cote marocaine.
Les autres signaux de séance: auto, consommation et Cosumar
Parmi les hausses marquantes, Auto Nejma a bondi de 6,0% à 4.561 MAD, meilleure performance du jour, tandis que Mutandis a gagné 1,9% à 236 MAD et Cartier Saada3,0% à 28,99 MAD. À l’opposé, Auto Hall a cédé 1,0% à 68,99 MAD, Oulmès a chuté de 5,8% à 1.205 MAD et S.M Monétique de 6,2% à 496 MAD. Cette dispersion illustre un marché qui ne traite pas les secteurs en bloc, mais dossier par dossier, selon la liquidité, les anticipations de résultats et la sensibilité aux coûts.