Bourse de Tunis — ENNAKL grimpe de 6%, le TUNINDEX avance de 0,12% malgré le repli de l’agroalimentaire
Le TUNINDEX a gagné 0,12% sur la semaine au 5 juin 2026, porté par ENNAKL AUTOMOBILES (+6,0%) et les indices Distribution et Services aux consommateurs (+1,85%). Le repli de l’agroalimentaire (-1,11%) et des matériaux de base (-0,79%) a toutefois limité l’élan.
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Le marché boursier tunisien a terminé la semaine du 5 juin 2026 sur une progression modeste mais significative, avec un TUNINDEX à 18.435,95 points, en hausse de 0,12% sur la séance de vendredi et, selon le brief éditorial, de 0,12% sur la semaine. Le signal le plus net est venu de la consommation discrétionnaire: ENNAKL AUTOMOBILES a bondi de 6,0% à 22,47 TND, tandis que les indices Distribution et Services aux consommateurs ont chacun gagné 1,85%, montrant que les flux se sont concentrés sur les valeurs domestiques les plus sensibles à la demande intérieure.
Cette résistance est d’autant plus notable que l’environnement macro est resté contrasté. Le Brent a reculé de 1,0% sur la semaine à 94,03 dollars le baril, un soulagement relatif pour la Tunisie, importatrice nette d’énergie, mais le dollar s’est apprécié de 0,21% face au dinar à 2,8985 TND, ce qui maintient une pression sur la facture énergétique libellée en devise américaine. En clair, la détente du brut améliore la marge de manœuvre macro, mais l’effet positif est partiellement absorbé par le change.
- Indice Distribution: +1,85% ; Indice Agro-alimentaire et Boissons: -1,11%
Contexte de marché: une hausse étroite mais bien ancrée dans les financières et la consommation
Pour qui suit la bourse Tunis aujourd’hui, la physionomie de la cote montre un marché qui avance sans emballement, mais avec une largeur correcte. La balance hebdomadaire de 31 titres en hausse, contre 20 en baisse et 24 inchangés, traduit une progression plus diffuse que ne le suggère la seule variation du TUNINDEX. Le TUNINDEX20 a gagné 0,07% à 8.153,48 points, soit un rythme légèrement inférieur à l’indice large, signe que la performance est venue aussi de valeurs hors très grandes capitalisations.
La structure sectorielle confirme cette lecture. Les compartiments financiers ont continué de jouer leur rôle d’amortisseur: l’Indice des Banques a progressé de 0,30%, l’Indice des Assurances de 1,15%, l’Indice des Services Financiers de 1,38% et l’Indice des Sociétés Financières de 0,41%. Depuis le début de l’année, ces segments affichent des gains de 34,47% à 40,79%, des niveaux qui restent supérieurs à de nombreux marchés frontières comparables. Attijari Bank a d’ailleurs avancé de 2,4% à 77,85 TND, illustrant l’appétit persistant pour les dossiers bancaires privés les plus liquides.
À l’inverse, les poches plus exposées aux coûts des intrants et aux arbitrages de consommation ont freiné l’ensemble. L’Indice Agro-alimentaire et Boissons a cédé 1,11%, l’Indice des Biens de Consommation0,77%, l’Indice des Matériaux de Base0,79% et l’Indice des Industries0,22%. Ce contraste est cohérent avec le contexte international: la baisse du pétrole aide les importateurs d’énergie, mais le reflux de plusieurs matières premières industrielles et agricoles ne se transmet pas instantanément aux marges, surtout dans une économie où les ajustements de prix restent encadrés et où le coût du financement demeure élevé.
ENNAKL en tête: la consommation discrétionnaire reprend la main
Le fait marquant de la semaine est venu du compartiment automobile. ENNAKL AUTOMOBILES a signé la meilleure performance du marché avec +6,0% à 22,47 TND, devant Assurances Salim (+4,5% à 59,76 TND) et ASTREE (+4,5% à 79,5 TND). Le mouvement sur ENNAKL s’inscrit dans une séquence plus large de surperformance des services aux consommateurs, avec aussi City Cars à +1,8%, ARTES à +1,6% et SOTUMAG à +2,0%.
Pourquoi ce retour des valeurs liées à la consommation? D’abord parce que le marché tunisien continue de privilégier les sociétés capables de répercuter une partie des coûts ou de défendre leurs volumes dans un environnement inflationniste moins violent qu’en 2024-2025. Ensuite parce que la détente hebdomadaire du Brent, même limitée à -1,0%, améliore mécaniquement la lecture des coûts logistiques et du pouvoir d’achat futur. Pour un importateur net comme la Tunisie, chaque repli du brut réduit, à la marge, la pression sur le déficit commercial et les subventions énergétiques; cela soutient indirectement les segments domestiques les plus cycliques.
Le marché a aussi semblé arbitrer en faveur des dossiers offrant une visibilité opérationnelle plus simple que les industriels exportateurs. Le dollar à 2,8985 TND renchérit encore les achats libellés en devise américaine, mais l’euro a reculé de 1,09% à 3,3468 TND face au dinar sur la semaine de référence fournie, ce qui peut alléger une partie des coûts pour les importations facturées en monnaie européenne. Cette double dynamique de change explique pourquoi la cote n’a pas réagi de manière uniforme: les gagnants de la semaine sont surtout les titres dont le profil de marge dépend davantage de la demande locale que d’un seul intrant importé.
Les financières restent le socle, pendant que l’agroalimentaire cale
Le deuxième enseignement de la semaine est la solidité persistante des financières. Outre Attijari Bank, Modern Leasing a gagné 4,1% à 4,59 TND, Best Lease2,9% à 2,88 TND, ATL2,8% à 12,08 TND et CIL2,0% à 35,89 TND. Les assureurs ont également été recherchés, avec Assurances Salim et ASTREE en tête, tandis qu’Ass Maghrebia a pris 3,1% à 88,5 TND. Dans un marché tunisien où les publications réglementaires du CMF structurent fortement le flux d’information, ces valeurs bénéficient souvent d’une meilleure lisibilité bilancielle et d’un rendement perçu comme plus défensif.
En face, l’agroalimentaire a pesé. SFBT a abandonné 1,1% à 15,0 TND, tandis que Poulina GP Holding a reculé de 2,6% à 28,52 TND malgré des titres de presse évoquant une hausse de 26,4% du résultat net 2025, selon Réalités Magazine et African Manager. Ce décalage rappelle une règle classique de l’analyse bourse Tunis: une bonne performance fondamentale ne se traduit pas toujours immédiatement en Bourse lorsque le marché arbitre entre valorisation, liquidité et rotation sectorielle. Land’Or a aussi perdu 2,9% à 17,0 TND, confirmant que la chaîne alimentaire reste sous surveillance.
Les matériaux et certaines industrielles ont également manqué d’élan. SOTUVER a cédé 1,1% à 28,19 TND, SOTIPAPIER3,0% à 2,94 TND, SOTRAPIL3,2% à 30,01 TND et SANIMED3,6% à 0,53 TND. Là encore, le lien macro est direct: même avec un Brent en léger repli, les coûts de financement, la volatilité des devises et la demande encore sélective limitent la revalorisation des dossiers industriels les plus sensibles au cycle.
Un marché guidé par les annonces du CMF et les publications réglementaires
Comme souvent sur le marché boursier Tunisie, la semaine a été dense en publications officielles. La cote a enregistré 20 annonces entre le 29 mai et le 4 juin, dont plusieurs documents réglementaires sur des OPCVM, mais aussi des communications d’émetteurs cotés. Selon les avis publiés par le CMF et la BVMT, les investisseurs ont notamment pris connaissance de dossiers concernant GO BIG PARTNERS SA, GROUPE SAH, SODEK SICAR, SIAME, ASSAD, AeTECH et TPR.
Parmi les titres explicitement signalés dans le flux du jour figuraient ARTES, ASSAD, CARTHAGE CEMENT, OFFICEPLAST, SAH, SIAME, SIMPAR et SPDIT-SICAF. Le communiqué d’ICF du 3 juin a retenu l’attention, même si la valeur, en repli de 1,7% à 106,0 TND, ne devait pas être au centre de cette semaine après avoir déjà fait l’objet d’une couverture récente. Pour le contexte, on peut relire Bourse de Tunis — ICF bondit de 6%, le TUNINDEX gagne 1,18% dans un marché porté par la consommation.
Le point important est moins le contenu isolé de chaque avis que leur accumulation. Sur une place où la recherche sell-side reste limitée, les dépôts réglementaires, états financiers et communiqués d’émetteurs jouent un rôle disproportionné dans la formation des prix. C’est particulièrement vrai pour les small et mid caps, où quelques lignes nouvelles sur la gouvernance, les candidatures d’administrateurs indépendants ou les états financiers trimestriels peuvent suffire à déclencher une rotation des flux.
Ce que dit vraiment le TUNINDEX cours de cette semaine
Le TUNINDEX cours de fin de semaine raconte une histoire de sélectivité plus que de tendance franche. Avec un gain de 0,12%, l’indice large reste en territoire positif, mais la dispersion sectorielle est forte: +1,85% pour la distribution, +1,38% pour les services financiers, contre -1,11% pour l’agroalimentaire et -0,79% pour les matériaux de base. Depuis le 1er janvier, le tableau reste néanmoins impressionnant, avec +37,07% pour le TUNINDEX, +36,45% pour le TUNINDEX20 et des hausses supérieures à 40% pour les banques et les sociétés financières.
Cette performance annuelle élevée explique aussi pourquoi le marché absorbe désormais plus difficilement les bonnes nouvelles déjà intégrées. Après un rallye de plus de 37% en cinq mois, la BVMT demande des catalyseurs plus précis: publications trimestrielles solides, dividendes confirmés, ou signaux macro sur le financement extérieur et la trajectoire budgétaire. Dans ce cadre, la baisse du Brent est une aide, mais pas un moteur suffisant à elle seule.
Perspective: publications, gouvernance et macro à surveiller