Le signal le plus fort de la semaine sur les marchés boursiers africains n’est pas venu d’un indice, mais du choc simultané entre matières premières et devises. Le Brent a terminé à 98,7 dollars le baril, en hausse de 3,4% sur la semaine malgré une chute de 6,1% vendredi, tandis que l’or a encore progressé à 4.739 dollars l’once et que le dollar s’est apprécié face à la plupart des monnaies africaines, de +1,13% contre l’EGP à +3,25% contre le MAD. Ce cocktail a favorisé les producteurs de ressources, mais a pénalisé les marchés les plus exposés aux importations d’énergie et de céréales.
Contexte de marché: matières premières, devises et rotation sectorielle
La semaine du 20 au 24 avril 2026 a mis en évidence une fracture nette entre les places exportatrices de ressources et les marchés plus sensibles au coût des intrants. À Johannesburg, les minières aurifères et les groupes du platine ont bénéficié d’un environnement de prix encore élevé, avec l’or à +0,7%, l’argent à 76,41 dollars (+1,2%), le platine à 2.024,4 dollars (+0,1%) et le palladium à 1.508 dollars (+1,6%). À Lagos, les valeurs pétrolières ont d’abord profité du Brent proche de 100 dollars, avant que la correction de fin de semaine ne réduise l’élan.
À l’inverse, les marchés d’Afrique du Nord ont dû composer avec une pression de change plus visible. Le USD/MAD a grimpé à 9,2396, le USD/TND à 2,881 et le USD/EGP à 52,57. Pour Casablanca, Tunis et Le Caire, cela signifie un renchérissement potentiel des importations libellées en dollar, notamment l’énergie, certains intrants industriels et une partie des produits agricoles. Selon les tendances observées sur les marchés globaux, la baisse de du café et la hausse de du blé n’ont pas eu le même effet: le café a plutôt pesé sur les producteurs exposés, alors que le blé a ravivé les interrogations sur les marges des groupes agroalimentaires.
