Bourse de Casablanca — MASI +2,13% sur la semaine, les minières propulsent le rebond
Le MASI a gagné 2,13% sur la séance de vendredi, ramenant sa performance annuelle à -2,12%, porté par les minières et un MASI ESG en hausse de 2,84%. Managem et CMT ont concentré plus de 172 MDH de volumes, tandis que Moody’s a confirmé la note Baa3 d’OCP.
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Le marché casablancais a terminé la semaine sur une accélération nette, avec un MASI à 18.447,35 points après une hausse de 2,13% vendredi 10 avril 2026, ce qui réduit sa contre-performance annuelle à -2,12%. Le mouvement a été dominé par les valeurs minières, Managem bondissant de 10,0% à 11.934 MAD et Minière Touissit de 8,9% à 4.885 MAD, dans un contexte où le Brent a certes rebondi de 1,0% sur la journée mais reste en baisse de 11,7% sur la semaine, tandis que l’euro s’est apprécié de 3,15% face au dirham.
Chiffres clés
- MASI : 18.447,35 points, +2,13% sur la séance, -2,12% depuis le 1er janvier
- MASI ESG : 1.296,05 points, +2,84%, meilleure performance des grands indices
- 43 valeurs en hausse, 14 en baisse, 23 inchangées
Contexte de marché : un rebond large, mais tiré par quelques poches très actives
Pour la bourse Casablanca aujourd’hui, la photographie de fin de semaine montre un rebond plus large que ne le suggère la seule performance du MASI. La cote a affiché une largeur de marché favorable avec 43 hausses contre 14 baisses et 23 titres inchangés, sur un total de 80 valeurs. Le MASI 20 a progressé de 1,17% à 1.370,28 points, ce qui reste inférieur au +2,05% du MASI Mid and Small Cap à 1.892,9 points et surtout au +2,84% du MASI ESG à 1.296,05 points.
Cette hiérarchie est importante. Elle indique que la reprise n’a pas été uniquement portée par les poids lourds bancaires ou télécoms, mais aussi par des dossiers de croissance, de matières premières et de qualité ESG. Le fait que le MASI ESG surperforme de 71 points de base le MASI sur la séance suggère un retour des flux vers des signatures perçues comme plus résilientes dans un environnement mondial encore heurté par la guerre Iran-Israël et les tensions sur le détroit d’Ormuz, selon les grands titres de presse internationale cités dans le contexte macro.
Le contraste avec la veille est également notable. D’après les données de marché, le MASI avait reculé de 0,22% le 9 avril 2026 à 18.063,02 points. Le passage de 18.063,02 à 18.447,35 points en une séance traduit donc un rattrapage de 384,33 points, ce qui donne à la clôture hebdomadaire une tonalité beaucoup plus constructive qu’en milieu de semaine.
Le dossier minier reprend la main sur le cours MASI
Le principal moteur de cette analyse bourse Casablanca reste le compartiment minier. Managem a signé la meilleure performance de la séance parmi les grandes capitalisations avec +10,0% à 11.934 MAD, sur 111,07 MDH de volumes. Minière Touissit a suivi avec +8,9% à 4.885 MAD, pour 60,97 MDH échangés. À elles deux, ces deux valeurs ont donc concentré 172,04 MDH de transactions, un niveau qui dépasse largement l’activité observée sur plusieurs autres poids lourds de la cote.
Pourquoi ce retour en force des minières ? D’abord, le contexte international reste favorable aux producteurs exposés aux métaux précieux et de base. L’or se maintient à 4.794,3 dollars, un niveau historiquement élevé, tandis que l’argent cote 76,49 dollars, en hausse de 0,3% sur la journée. Même si le platine a reculé de 1,4% à 2.068,1 dollars et le palladium de 0,8% à 1.540 dollars, le message global reste celui d’une prime de risque géopolitique qui soutient les actifs réels.
Ensuite, le marché marocain relie de plus en plus les dossiers miniers locaux à leur expansion africaine. Selon Sika Finance, Managem mise 85 milliards de FCFA sur l’or gabonais, ce qui renforce la lecture d’un groupe moins dépendant d’un seul actif domestique et davantage positionné sur des relais de croissance régionaux. Cette dimension panafricaine compte dans une place comme Casablanca, où les investisseurs arbitrent souvent entre exposition locale et diversification continentale.
Le regain d’intérêt pour les minières intervient aussi après plusieurs séances où le marché cherchait un nouveau leadership. Les bancaires, qui dominent structurellement le MASI, n’ont pas toutes participé au rebond de la même manière. BCP a même reculé de 1,1% à 244 MAD, ce qui souligne que la hausse du jour n’était pas un simple mouvement indiciel mécanique. À l’inverse, la vigueur des minières a suffi à réanimer le cours MASI, en particulier parce que les volumes ont validé le mouvement.
Pour le lecteur qui suit le marché financier Maroc, il faut aussi noter la continuité avec la séquence récente. Le compartiment avait déjà montré des signes de réveil, comme nous l’expliquions dans Bourse de Casablanca — SMI bondit de 15,6% en 5 jours, l’or relance le dossier minier. La séance du 10 avril confirme que cette thématique n’est plus marginale : elle redevient un facteur de direction pour l’ensemble du marché.
Assurance, énergie et qualité ESG : les autres poches de force
Le deuxième fait marquant de la semaine est la progression de Wafa Assurance, en hausse de 10,0% à 5.335 MAD. Ce mouvement a contribué à la surperformance du MASI ESG, car les assureurs et financières de qualité sont souvent bien représentés dans les paniers responsables. La hausse de Wafa Assurance intervient alors que les recettes d’impôt sur les sociétés ont augmenté de 26% à 43,5 milliards de MAD à fin mars 2026, selon les données macro relayées dans le flux. Cette progression fiscale est généralement lue comme un signal d’activité économique encore solide dans plusieurs segments formels.
Le compartiment énergie a également mieux tenu que ce que la chute hebdomadaire du Brent aurait pu laisser craindre. Taqa Morocco a gagné 3,6% à 1.864 MAD. Pour une économie importatrice nette d’énergie comme le Maroc, un Brent à 96,9 dollars le baril, en baisse de 11,7% sur la semaine, peut alléger la facture énergétique et améliorer certaines anticipations de coûts, même si le niveau absolu du pétrole reste élevé. Le marché semble donc arbitrer entre deux forces contraires : d’un côté, le risque géopolitique sur les approvisionnements ; de l’autre, une détente hebdomadaire des prix du brut qui soulage les importateurs.
Le change a joué un rôle plus ambigu. Le USD/MAD a reculé de 0,26% à 9,2754, ce qui est plutôt favorable aux importations libellées en dollars, notamment énergétiques. En revanche, le EUR/MAD a bondi de 3,15% à 10,868, ce qui peut peser sur les entreprises fortement dépendantes d’achats en zone euro. Cette divergence dollar/euro est importante pour lire les marges futures de plusieurs industriels et distributeurs marocains.
Annonces, résultats et corporate : un flux qui reste nourri
Au-delà des cours, la semaine a été dense en annonces. Moody’s a maintenu la note de crédit long terme d’OCP à Baa3 avec perspective stable, selon la presse économique. Même si OCP n’est pas coté, cette décision compte pour la place de Casablanca : elle conforte la perception du risque crédit marocain dans un secteur stratégique, celui des phosphates et engrais, qui irrigue une partie de l’économie et des flux en devises.
Sur le front corporate, CMGP a convoqué une assemblée générale extraordinaire pour le 12 mai 2026 afin d’approuver une augmentation de capital d’un montant nominal maximal de 50 millions de MAD. Ce type d’opération est à surveiller car il renseigne sur l’appétit de financement du marché primaire, encore relativement sélectif. D’autres mouvements de capital ont été signalés cette semaine, notamment 23,6 millions de MAD chez Richbond Group Africa et 111,694 millions de MAD chez Africa Chem.
Les publications d’activité ont été contrastées :
•IB Maroc : chiffre d’affaires en hausse de 5,08% à 62,00 MAD
•Delta Holding : chiffre d’affaires en hausse de 4,20% à 62,00 MAD
•Maroc Leasing : chiffre d’affaires en hausse de 5,99% à 368,95 MAD
•Lesieur Cristal : baisse de 6,39% à 391,30 MAD
Ces chiffres montrent un marché qui continue de distinguer entre dossiers capables de préserver leur croissance et valeurs plus exposées à la pression sur les volumes ou les marges. Delta Holding, en hausse de 3,2% à 64 MAD, a d’ailleurs été récompensée en Bourse après sa publication.
Le segment technologique et paiements a aussi retenu l’attention. Selon Medias24, Cash Plus prépare le lancement d’un service de virement bancaire instantané via son application mobile. Même si le titre n’a progressé que de 4,6% à 300 MAD et ne peut pas être mis en avant comme angle principal cette semaine, cette annonce illustre la montée en puissance des services financiers digitaux dans le marché financier Maroc. Par ailleurs, Oracle a ouvert une région de cloud public à Casablanca, un signal sectoriel favorable à l’écosystème numérique local.
Les poches de faiblesse : banques sélectives et consommation plus prudente