Bourse de Casablanca — Volumes records sur les banques, mais CFG recule de 1,7% malgré 83,3 MDH échangés
Les bancaires ont concentré les échanges à Casablanca ce 6 avril 2026, avec 83,3 MDH sur CFG Bank et 77,8 MDH sur Attijariwafa Bank, sans soutien clair aux cours. Dans un marché fragmenté, le MASI gagne 0,48%, porté par les minières alors que les cimentiers subissent une baisse de 10,95% des livraisons à fin mars.
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Le signal le plus net de la séance du lundi 6 avril 2026 à Casablanca n’est pas venu d’une envolée bancaire, mais d’un paradoxe: les banques ont capté une part majeure des flux, sans transformer ces volumes en hausse de cours. CFG Bank a reculé de 1,7% à 205,5 MAD avec 83,3 MDH échangés, tandis que Attijariwafa Bank a cédé 0,2% à volume presque équivalent, 77,8 MDH, dans un marché où le MASI n’a progressé que de 0,48% à 17.599,7 points.
Cette dissociation entre activité et performance dit beaucoup de la bourse Casablanca aujourd’hui: les investisseurs ont continué à traiter les grandes capitalisations bancaires comme des valeurs de liquidité, mais la prise de risque s’est déplacée vers les minières, plus directement exposées au choc mondial sur les matières premières. Avec l’or à 4.689,8 dollars l’once en hausse de 0,8%, le Brent à 109,68 dollars malgré un repli hebdomadaire de 7,3%, et l’EUR/MAD en hausse de 3,32% à 10,824, le marché financier Maroc a arbitré entre valeurs défensives, exportatrices et cycliques domestiques.
- Attijariwafa Bank: 77,8 MDH de volume, titre -0,2%
- CMT: +10,0%, SMI: +8,4%, Managem: +7,5%
- Livraisons de ciment: 3,011 MT, en baisse de 10,95% à fin mars 2026
Contexte de marché: un MASI positif, mais une largeur de marché fragile
Le cours MASI a terminé à 17.599,7 points, en hausse de 0,48%, ce qui masque une séance moins homogène qu’il n’y paraît. La largeur de marché est restée négative, avec 24 valeurs en hausse, 37 en baisse et 19 inchangées sur 80 titres cotés. Ce contraste est encore plus visible dans les indices de style: le MASI ESG a gagné 1,39% à 1.233,27 points, alors que le MASI 20 a perdu 0,42% à 1.311,11 points. Le MASI Mid and Small Cap a, lui, progressé de 1,29% à 1.825,29 points.
Cette divergence traduit un marché à deux vitesses. D’un côté, les grandes capitalisations les plus liquides ont subi des dégagements sélectifs, comme Attijariwafa Bank, TAQA Morocco et Marsa Maroc, respectivement à -0,2%, -1,7% et -0,7%. De l’autre, les valeurs minières et certains dossiers de taille intermédiaire ont capté les achats spéculatifs et de couverture contre le risque matières premières. Ce schéma n’est pas isolé: il prolonge les hésitations observées dans Bourse de Casablanca — Semaine du 30 mars au 3 avril: MASI -0,06%, Label Vie bondit de 8,6%, dans un environnement où la visibilité sectorielle reste inégale.
Banques à Casablanca: beaucoup de flux, peu de conviction sur les prix
Le cœur de cette analyse bourse Casablanca se trouve dans les bancaires. CFG Bank a signé le premier volume du marché à 83,3 MDH, mais le titre a perdu 1,7% à 205,5 MAD. Attijariwafa Bank, deuxième volume avec 77,8 MDH, a cédé 0,2%. Dans un marché où les banques pèsent lourdement dans la composition du MASI, cette incapacité à tirer l’indice vers le haut explique pourquoi la hausse globale est restée limitée malgré l’envolée des minières.
Pourquoi autant de volume sans impulsion haussière? D’abord parce que les bancaires marocaines restent prises entre deux forces contradictoires. Sur le plan domestique, elles bénéficient encore d’un environnement de taux qui soutient les marges d’intermédiation, selon les lectures récentes des bureaux de recherche comme BKGR et Attijari Global Research sur le secteur. Mais sur le plan de marché, la remontée de l’EUR/MAD à 10,824 et la persistance d’un Brent au-dessus de 109 dollars renvoient à un risque macro plus large pour le Maroc, importateur net d’énergie: pression sur la facture énergétique, sur certains coûts d’exploitation et, à terme, sur la dynamique de crédit des secteurs les plus sensibles à la demande intérieure.
Le message de la séance est donc moins un désaveu fondamental des banques qu’un repositionnement. Les investisseurs ont utilisé les bancaires comme poches de liquidité dans une séance de rotation sectorielle. Cela explique aussi le recul de Salafin de 3,2% à 501,2 MAD, alors que les financières non bancaires ont été plus vulnérables aux arbitrages. À l’inverse, BMCI a gagné 3,8% à 620 MAD, signe que le segment bancaire n’a pas évolué en bloc et que la sélection de dossiers a primé sur le simple pari sectoriel.
Les minières prennent le relais avec l’or et les métaux
La vraie impulsion haussière est venue des mines. Managem a bondi de 7,5% à 10.745 MAD, CMT de 10,0% à 4.289 MAD et SMI de 8,4% à 7.700 MAD. Cette séquence est cohérente avec le mouvement mondial sur les métaux précieux: l’or a progressé de 0,8%, le platine de 0,5% à 1.974,1 dollars, tandis que l’argent, malgré un léger repli de 0,2%, reste à un niveau élevé de 72,61 dollars.
Pour les valeurs minières marocaines, la logique est double. D’une part, la hausse des métaux améliore mécaniquement les anticipations de chiffre d’affaires et de cash-flow pour les producteurs exposés à l’or, à l’argent et aux métaux de base. D’autre part, la montée des tensions géopolitiques autour de l’Iran, relayée par les grands titres internationaux sur le risque de rupture d’approvisionnement énergétique et de “recoupling” des marchés aux matières premières, renforce l’attrait des actifs liés aux ressources naturelles. À Casablanca, cette lecture a dominé la séance, au point de compenser la faiblesse des poids lourds bancaires.
Le mouvement a aussi été amplifié par l’effet change. Un EUR/MAD en hausse de 3,32% peut soutenir, à la marge, la lecture des revenus export pour certains groupes facturant en devises ou exposés à des marchés internationaux. À l’inverse, les secteurs plus domestiques et importateurs subissent davantage la hausse des coûts.
Ciments et valeurs domestiques: le signal conjoncturel se dégrade
Le second enseignement sectoriel du jour concerne les cimentiers et, plus largement, les valeurs liées à l’investissement domestique. Selon la presse économique citée dans les données de marché, les livraisons de ciment ont reculé de 10,95% à 3,011 millions de tonnes à fin mars 2026. Le marché a immédiatement sanctionné Ciments du Maroc, en baisse de 2,0% à 1.710 MAD.
Cette baisse des livraisons est importante parce qu’elle touche un indicateur avancé de l’activité dans la construction, les infrastructures et une partie de l’immobilier. Elle intervient alors que d’autres dossiers cycliques ont également souffert: Delta Holding a perdu 2,7% à 53,5 MAD, Stroc Industrie2,0% à 158 MAD, et Fenie Brossette1,7% à 290 MAD. Dans un contexte de pétrole élevé, les coûts logistiques et énergétiques restent un facteur de pression sur les marges industrielles, ce qui explique pourquoi le marché a privilégié les minières plutôt que les industrielles lourdes.
La consommation n’a pas offert de refuge uniforme non plus. Label Vie a chuté de 5,5% à 3.949 MAD, effaçant une partie de son récent rebond, tandis que Lesieur Cristal a gagné 6,4% à 415 MAD. Cette divergence reflète des arbitrages dossier par dossier, mais aussi l’impact différencié des coûts d’intrants, du pricing power et des attentes sur les résultats.
Autres signaux: industrie, phosphate et énergie sous surveillance