Bourse de Casablanca — Le MASI gagne 2,29%, l’or à 4.808 $ propulse les minières et l’ESG à +2,99%
Le MASI a rebondi de 2,29% ce 1er avril 2026, porté par les valeurs minières, l’énergie et l’immobilier. La chute de 13,8% du Brent et l’envolée de l’or à 4.808 $ ont redessiné la hiérarchie sectorielle du marché financier marocain.
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Le rebond du MASI à 17.554,23 points, en hausse de 2,29% ce mercredi 1er avril 2026, raconte d’abord une histoire sectorielle: celle d’un marché qui a acheté simultanément la baisse du pétrole et la hausse des métaux précieux. Dans une séance dominée par les valeurs liées aux matières premières, l’or à 4.808 dollars l’once (+3,5% sur la journée) et le Brent à 102,08 dollars le baril (-13,8%) ont créé un puissant effet de rotation sur la Bourse de Casablanca.
Cette configuration a favorisé les minières, l’énergie thermique et, dans une moindre mesure, les dossiers domestiques sensibles au coût des intrants. Elle a aussi permis au MASI ESG de surperformer avec un gain de 2,99%, au-dessus du MASI 20 (+2,03%) et du MASI Mid and Small Cap (+2,39%), signe que la hausse ne s’est pas limitée aux seules grandes capitalisations.
Key figures
- MASI: 17.554,23 points (+2,29%, YTD: -6,86%)
- MASI ESG: 1.217,17 points (+2,99%)
- Brent: 102,08 $/bbl (-13,8% sur la séance)
- Or: 4.808 $/oz (+3,5%)
- 44 valeurs en hausse contre 21 en baisse sur 69 cotées
Contexte de marché: une séance large, mais tirée par les matières premières
Dans la bourse Casablanca aujourd’hui, l’ampleur de la hausse a été solide: 44 titres ont progressé, contre 21 replis et 4 inchangés, selon les données de marché fournies pour la séance. Cette largeur est importante, car elle montre que le rebond du cours MASI ne repose pas uniquement sur quelques poids lourds bancaires. Les échanges ont aussi été nourris sur plusieurs compartiments, avec 95,8 millions de MAD sur Managem, 74,9 millions de MAD sur Attijariwafa Bank, 53,6 millions de MAD sur CFG Bank, 39,2 millions de MAD sur TGCC et 31,2 millions de MAD sur Addoha.
Le point macro le plus déterminant pour le marché financier Maroc reste la combinaison d’un pétrole en forte détente et d’un change moins favorable. Le USD/MAD a progressé de 2,23% à 9,3169, tandis que l’EUR/MAD a gagné 3,49% à 10,808. Pour une économie importatrice nette d’énergie comme le Maroc, la chute du Brent allège théoriquement la facture énergétique, mais la dépréciation du dirham face au dollar et à l’euro en absorbe une partie. C’est précisément ce type de lecture croisée qui explique pourquoi les investisseurs ont privilégié les producteurs de métaux et certains industriels capables de répercuter leurs coûts, plutôt qu’un rallye uniforme de toutes les valeurs de consommation.
Minières, énergie et ESG: la rotation sectorielle s’impose
Le mouvement le plus visible a concerné le compartiment minier, même si plusieurs de ses grandes capitalisations avaient déjà été mises en avant dans de récents articles. Managem a terminé sur un gain de 10,0% à 9.349 MAD, avec le premier volume de la cote à 95,8 millions de MAD. CMT a également pris 10,0% à 3.642 MAD, tandis que SMI a avancé de 10,0% à 6.734 MAD. Cette synchronisation n’a rien d’anecdotique: elle reflète la hausse de 3,5% de l’or, de 1,4% de l’argent, de 1,9% du platine et de 2,1% du palladium, dans un contexte mondial où, selon les gros titres macro fournis, les marchés se “recouplent” aux matières premières sous l’effet du conflit avec l’Iran et des tensions commerciales.
Pour Casablanca, le raisonnement est direct. Quand les métaux précieux montent plus vite que les coûts énergétiques, les anticipations de marge des producteurs s’améliorent mécaniquement. La baisse de 13,8% du Brent en une séance est donc doublement favorable aux minières: elle soutient les prix de vente via l’or et l’argent, tout en réduisant la pression sur certains coûts d’exploitation et de transport. Le marché a aussi intégré les résultats de Aya Gold & Silver, qui a publié un bénéfice de 46 millions de dollars en 2025, soutenu par la hausse du prix de l’argent. Même si Aya n’est pas cotée à Casablanca, ce chiffre a renforcé la lecture sectorielle sur les producteurs exposés aux métaux précieux au Maroc.
Cette rotation a débordé sur l’ESG. Le MASI ESG a gagné 2,99%, soit 70 points de base de plus que le MASI. Cela suggère que les flux ne se sont pas concentrés uniquement sur les dossiers les plus spéculatifs, mais aussi sur des valeurs perçues comme plus résilientes sur le plan opérationnel et de gouvernance. Dans une analyse bourse Casablanca, cette surperformance de l’ESG mérite attention: elle intervient alors que le marché reste en baisse de 2,75% depuis le début de l’année sur cet indice, contre -6,86% pour le MASI et -10,66% pour le MASI 20.
Le pétrole en baisse relance aussi l’énergie et les dossiers domestiques
La détente du brut a également soutenu Taqa Morocco, en hausse de 5,7% à 1.850 MAD. Selon SNRTnews, le groupe a réalisé un RNPG de 981 millions de MAD en 2025. Pour un producteur thermique, la lecture boursière est plus nuancée qu’un simple “pétrole en baisse = hausse du titre”, car la structure contractuelle, les mécanismes de pass-through et le mix combustible comptent. Mais dans la séance du 1er avril, le marché a clairement privilégié l’idée d’un environnement énergétique moins tendu après plusieurs jours dominés par le risque géopolitique.
L’immobilier a aussi participé au rebond. Addoha a gagné 8,3% à 31,56 MAD après la publication d’un chiffre d’affaires consolidé en hausse de 4% à 2,7 milliards de MAD à fin 2025. Alliances a progressé de 4,9% à 434 MAD, tandis qu’Aradei Capital a pris 3,0% à 417 MAD. Ce segment profite d’un double narratif: d’un côté, des coûts énergétiques potentiellement moins lourds pour les matériaux et la logistique; de l’autre, une recherche de dossiers domestiques après plusieurs séances dominées par les valeurs défensives. La hausse de 2,0% de TGCC, avec 39,2 millions de MAD de volume, s’inscrit dans la même logique, d’autant que la presse, notamment *L’Opinion*, a rapporté un bond de 82% du résultat net en 2025.
Résultats d’entreprises: OCP, tourisme, santé et consommation sous le microscope
Hors cote, les publications d’OCP ont fourni un important point de repère macro pour le Maroc. Le groupe a annoncé un chiffre d’affaires en hausse de 17,5% à 113,9 milliards de MAD en 2025, un EBITDA en progression de 11% à 43,2 milliards de MAD, mais un RNPG en recul de 11% à 17,9 milliards de MAD. Ce décalage entre croissance du chiffre d’affaires et contraction du résultat net rappelle que la normalisation des prix des engrais et les coûts financiers continuent de peser, même lorsque les volumes et l’activité restent robustes. Pour la place casablancaise, ces chiffres comptent car ils influencent la lecture du cycle marocain, des recettes d’exportation et, indirectement, de la liquidité domestique.