Bourse de Casablanca — Managem explose de 384%, mais le MASI recule de 1,27% sous la pression de Taqa
À la clôture du vendredi 27 mars 2026, le MASI a perdu 1,27% à 17 221,05 points malgré une salve de résultats 2025 très solides, dominée par Managem, Ciments du Maroc et HPS. La baisse de Taqa Morocco, le repli des grandes capitalisations et un contexte mondial plus nerveux ont éclipsé les bonnes surprises.
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Le contraste a dominé la séance du vendredi 27 mars 2026 à Casablanca: alors que Managem a publié un RNPG de 3 002 MDH, en hausse de 384%, le MASI a cédé 1,27% à 17 221,05 points. Cette divergence dit beaucoup sur l’état actuel du marché financier Maroc: les résultats 2025 sont globalement solides, mais la sanction boursière reste immédiate dès que les poids lourds de l’indice, notamment l’énergie et certaines grandes capitalisations, décrochent.
Dans une séance marquée par 44 baisses contre 20 hausses et 3 valeurs inchangées, la faiblesse du compartiment principal a été plus nette que celle des petites capitalisations. Le MASI 20 a reculé de 1,50% à 1 308,04 points, portant sa contre-performance depuis le 1er janvier à -11,96%, tandis que le MASI ESG a perdu 1,40% à 1 184,36 points. Le MASI Mid and Small Cap a mieux résisté avec un repli de 0,91% à 1 775,81 points, ce qui confirme que la pression s’est concentrée sur les grandes valeurs les plus sensibles aux arbitrages institutionnels.
Contexte de marché: le cours MASI recule malgré une moisson de résultats
Pour comprendre la bourse Casablanca aujourd’hui, il faut regarder au-delà des publications. Le marché a évolué dans un environnement mondial plus heurté: le Brent a chuté de 4,5% sur la séance à 103,11 dollars le baril, même s’il reste en hausse de 3,2% sur la semaine, dans un contexte de forte volatilité lié aux tensions au Moyen-Orient et aux craintes sur la croissance mondiale. Pour le Maroc, importateur net d’énergie, un pétrole plus bas allège théoriquement la facture extérieure, mais à court terme il pèse sur la lecture boursière des valeurs liées à l’électricité et aux hydrocarbures.
C’est précisément ce qui s’est vu avec Taqa Morocco, en baisse de 5,0% à 1 770 MAD, parmi les plus fortes corrections du jour. La baisse du Brent n’explique pas mécaniquement toute la chute du titre, mais elle modifie les anticipations sur les coûts énergétiques, les spreads et, plus largement, sur l’appétit des investisseurs pour les valeurs défensives de rendement. À cela s’ajoute un EUR/MAD à 10,751, en hausse de 2,63%, un mouvement important pour les groupes importateurs d’équipements ou exposés à des achats en euro, alors que le USD/MAD est resté quasi stable à 9,3268.
Managem signe la publication la plus spectaculaire de la saison
La publication de Managem constitue le fait marquant de cette séquence de résultats 2025. Selon les chiffres publiés le 26 mars, le groupe minier a dégagé un chiffre d’affaires consolidé de 13 694 MDH, en hausse de 55%, pour un RNPG de 3 002 MDH, soit une multiplication par 4,8 sur un an. Cette performance s’inscrit dans un contexte mondial exceptionnellement porteur pour les métaux précieux: l’or a progressé de 4,3% à 4 564,3 dollars, l’argent de 5,3% à 71,25 dollars, le platine de 2,9% et le palladium de 5,6%.
Le lien entre ces cours internationaux et les comptes du groupe est direct. D’après la presse économique marocaine, notamment Le Desk et Boursenews, la mise en production de nouvelles mines d’or et de cuivre a amplifié l’effet prix. En clair, Managem a bénéficié à la fois d’un effet volume et d’un effet marché, ce qui explique l’ampleur inhabituelle de la hausse du bénéfice. Dans une analyse bourse Casablanca, c’est un point central: quand les matières premières montent aussi vite, les minières peuvent surperformer même si l’indice global recule.
Cette dynamique dépasse le seul cas de Managem. related headline montrait déjà que la saison des résultats 2025 se caractérise par des profits en forte hausse mais très dispersés selon les secteurs. Les groupes exposés aux métaux, au ciment, à l’hôtellerie ou aux logiciels de paiement ont mieux traversé l’exercice que les acteurs dépendants de marges de distribution plus serrées ou d’une demande domestique moins dynamique.
Ciments du Maroc, HPS et Risma confirment une reprise large mais sélective
Parmi les autres publications majeures, Ciments du Maroc a affiché un chiffre d’affaires consolidé de 5 349 MDH, en hausse de 22,6%, et un résultat net consolidé de 1 402 MDH, en progression de 49,9%, avec un dividende proposé de 65 MAD par action, en hausse de 8,3%. Cette performance reflète à la fois une base de comparaison favorable et une activité mieux orientée dans les matériaux de construction, dans un contexte où plusieurs projets d’infrastructure et de bâtiment soutiennent les volumes, selon la presse spécialisée et les notes de marché relayées localement.
HPS a également livré une copie solide, avec un produit d’exploitation de 1 551 MDH, en hausse de 22,3%, et un RNPG de 106 MDH, en progression de 40,5%. Le dividende proposé ressort à 8 MAD, en hausse de 14,3%. Pour une place comme Casablanca, où les financières dominent souvent la cote, la capacité d’un éditeur technologique à afficher plus de 20% de croissance opérationnelle reste un signal important sur la diversification progressive du marché.
Le tourisme coté a lui aussi confirmé son redressement. Risma a publié un chiffre d’affaires de 1 634 MDH, en hausse de 29%, et un RNPG de 270 MDH, en progression de 47,5%, avec un dividende relevé de 7 MAD à 9 MAD. Cette amélioration prolonge la bonne tenue des flux touristiques au Maroc en 2025. Pour les investisseurs particuliers, cela rappelle qu’une partie de la croissance bénéficiaire actuelle vient de la normalisation post-pandémie, et non d’un seul moteur macroéconomique.
Les poches de faiblesse restent visibles, de Lesieur à TotalEnergies Marketing Maroc
La saison n’est toutefois pas uniformément positive. Lesieur Cristal a vu son RNPG tomber à 8 MDH, en baisse de 66,7%, pour un chiffre d’affaires de 5 378 MDH, en retrait de 1,4%. Cette forte contraction illustre la pression persistante sur les marges agroalimentaires, où les hausses de coûts ne se répercutent pas toujours intégralement sur les prix de vente. Dans un environnement de consommation encore sensible au pouvoir d’achat, la croissance du chiffre d’affaires ne suffit pas toujours à protéger le bénéfice.
Même logique pour TotalEnergies Marketing Maroc, dont le résultat net consolidé a reculé de 8,9% à 851 MDH, tandis que le chiffre d’affaires a baissé de 9,7% à 15 127 MDH. La baisse des prix des produits pétroliers peut réduire mécaniquement les revenus publiés, même lorsque les volumes tiennent. C’est l’une des raisons pour lesquelles la lecture des comptes énergétiques doit toujours être reliée au cycle du Brent et aux effets de base.
D’autres dossiers ont néanmoins apporté un soutien ponctuel au marché:
•SBM: chiffre d’affaires de 3 080 MDH (+7,6%), RNPG de 343 MDH (+59,4%), dividende total proposé de 127 MAD contre 100 MAD
•Zellidja: chiffre d’affaires de 757 MDH (+8,5%), RNPG de 22 MDH (+266,7%)
•Involys: bénéfice net de 0,1 MDH après une perte de 0,1 MDH en 2024