L'indice EGX 30 du Caire a explosé de 3,38% pour clôturer à 47 612 points vendredi, tandis que le MASI de Casablanca plongeait de 1,53% à 17 243,58 points, révélant une fracture spectaculaire entre les marchés nord-africains et ouest-africains face au choc pétrolier provoqué par l'escalade militaire au Moyen-Orient. Cette divergence de près de 500 points de base en une seule séance illustre la réaction contrastée des places boursières africaines à la flambée du Brent à 106,41 dollars le baril (+6,2% hebdomadaire), avant un repli de 2,1% vendredi qui a laissé les investisseurs désorientés.
Le pétrole redessine la carte des performances
Le BRVM Composite, référence de la Bourse régionale des valeurs mobilières d'Abidjan, affiche une résilience remarquable avec un gain annuel de 1,7% et un niveau de 408,62 points, contrastant brutalement avec la déroute du MASI marocain qui accumule -8,5% depuis le 1er janvier selon les données de la Bourse de Casablanca. Cette divergence géographique s'explique par l'exposition différenciée aux hydrocarbures : l'Égypte, producteur net, profite mécaniquement de la flambée des cours, tandis que le Maroc, importateur pur à 95% de ses besoins énergétiques, voit ses perspectives budgétaires s'assombrir avec un déficit commercial qui pourrait se creuser de 12 à 15 milliards de dirhams si les prix se maintiennent au-dessus de 100 dollars.
La Tunisie, autre marché pétrolier marginal, a également résisté avec un Tunindex en hausse de 0,62% à 15 528,1 points, porté par Monoprix (+4,5% à 7,97 TND) et la Banque Nationale Agricole (+3,6% à 16 TND). Cette performance intervient alors que le dinar tunisien s'est apprécié de 0,36% face au dollar à , renforçant la stabilité macroéconomique perçue par les investisseurs étrangers.
