La Bourse régionale des valeurs mobilières d'Abidjan a terminé la séance du vendredi 20 mars 2026 sur une note baissière, l'indice Composite reculant de 0,72% à 408,62 points, bien que le bilan annuel reste positif à +1,7% depuis le 1er janvier. Cette clôture en retrait intervient alors que le marché digère une vague d'augmentations de capital sans précédent concernant le groupe Bank of Africa, avec pas moins de 20 dépôts d'annonces entre le 17 et le 20 mars 2026 couvrant quatre filiales réparties au Sénégal, au Mali, au Burkina Faso et au Bénin, selon les avis publiés par la BRVM.
Le contexte macroéconomique global pèse sur la tendance régionale. Le cours du Brent a grimpé de 5,4% cette semaine pour atteindre 105,64 dollars le baril, dopé par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les attaques contre l'Iran qui menacent les approvisionnements énergétiques mondiaux. Cette flambée des prix du pétrole, habituellement favorable aux producteurs, n'a pas entraîné d'euphorie sur le secteur énergie de la BRVM, qui a progressé de 0,78% vendredi mais reste en retrait de 0,11% depuis le début de l'année, illustrant la complexité de la transmission des prix pour les distributeurs comme Vivo Energy Côte d'Ivoire (SHEC), qui a néanmoins gagné 1,1% à 2 200 XOF.
L'essentiel de l'attention des opérateurs s'est porté sur les annonces corporates du groupe Bank of Africa. Entre le 17 et le 20 mars, la BRVM a enregistré vingt dépôts d'augmentations de capital concernant BOA Sénégal (SN), BOA Mali (ML), BOA Burkina Faso (BF) et BOA Bénin (BN), sans compter les avis de convocation et pouvoirs pour les assemblées générales ordinaires de BOA Sénégal et BOA Nigeria (NG) tenues les 18 et 19 mars. Cette coordination transfrontalière des levées de fonds, rare à cette échelle sur la place d'Abidjan, suggère une stratégie de renforcement des fonds propres réglementaires ou potentiellement le financement d'acquisitions ciblées, alors que le secteur bancaire ouest-africain traverse une phase de consolidation.
Cette synchronisation des augmentations de capital intervient dans un contexte de consolidation bancaire accélérée en Afrique de l'Ouest. Alors que Coris Bank International du Burkina Faso s'apprête à pénétrer le marché camerounais selon *Investir au Cameroun*, et qu'Ecobank déploie son programme Ellever 2.0 pour financer les entrepreneures à hauteur de 780 millions de dollars (rapporte *Financial Afrik*), le groupe BOA semble renforcer ses capacités de tir pour des acquisitions potentielles. La détresse d'Oragroup, évoquée par *Jeune Afrique* le 13 mars, pourrait offrir des opportunités de reprise d'actifs bancaires au Togo et au Bénin, justifiant ces injections de fonds propres massives avant une éventuelle négociation.
La réaction de marché aux annonces de BOA a été contrastée. Bank of Africa Burkina Faso (BOABF) a progressé de 1,2% à 5 395 XOF, tandis que Bank of Africa Niger (BOAN) - non concerné par cette vague de capital increase mais membre du même groupe - a cédé 1,0% à 2 535 XOF. Société Générale Côte d'Ivoire (SGBC) a dominé le palmarès des hausses avec +1,7% à 35 500 XOF, suivie de Bernabé Côte d'Ivoire (BNBC) à +1,6% pour 1 600 XOF. À l'inverse, le secteur des télécommunications a pâti de la baisse de Sonatel Sénégal (SNTS) de 0,7% à 28 800 XOF, malgré la nomination de Brelotte Ba à la tête du mobile money rapportée par *Jeune Afrique*, un secteur pourtant en expansion explosive face à la concurrence de Wave et Free Money.
