Bourse de Tunis — TUNINDEX +0,27%, les financières amortissent la pression du dinar et du pétrole
Le TUNINDEX a gagné 0,27% mardi 20 octobre 2026, porté par les financières alors que le dinar s’est déprécié de 3,1% face au dollar et que le Brent reste au-dessus de 108 dollars. Les publications du troisième trimestre ont recentré le marché sur la capacité des groupes cotés à protéger leurs marges.
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Le marché boursier tunisien a terminé en hausse modérée mardi 20 octobre 2026, avec un TUNINDEX à 18.606,5 points (+0,27%) et un TUNINDEX20 à 8.150,83 points (+0,24%), dans une séance dominée par les publications du troisième trimestre et par une lecture plus macroéconomique des résultats. La progression de l’indice est d’autant plus notable que le USD/TND a grimpé à 2,9885 (+3,10%) et que le Brent reste à 108,25 dollars le baril, un double choc qui renchérit à la fois les importations énergétiques et les coûts des intrants pour une économie tunisienne structurellement importatrice d’énergie.
Chiffres clés
- TUNINDEX: 18.606,5 points (+0,27%)
- TUNINDEX20: 8.150,83 points (+0,24%)
- 28 valeurs en hausse, 23 en baisse, 24 inchangées
- Indice des banques: +0,49% sur la séance, +44,82% depuis le 1er janvier
Contexte de marché: les financières tiennent la cote malgré le choc pétrole-FX
La séance du jour confirme un thème qui traverse la bourse Tunis aujourd’hui: les financières continuent d’absorber une partie du stress macro alors que les secteurs plus exposés aux matières premières et aux importations montrent davantage de nervosité. L’indice des banques a progressé de 0,49%, l’indice des services financiers de 0,41% et l’ de . À l’inverse, l’ a reculé de , soit la plus forte baisse sectorielle du jour parmi les compartiments fournis, ce qui reflète la sensibilité des industriels aux coûts en devises et à l’énergie.
La largeur du marché est restée correcte, avec 28 hausses, 23 baisses et 24 valeurs inchangées sur 75 lignes suivies. Cette répartition montre un marché ni euphorique ni franchement défensif, mais sélectif. Les investisseurs ont privilégié les dossiers capables de publier une trajectoire d’activité résiliente au troisième trimestre, surtout dans les métiers financiers où la hausse des volumes, des commissions ou du produit net bancaire peut temporairement compenser l’érosion du pouvoir d’achat et le renchérissement du financement en devises. Dans ce contexte, les performances annuelles restent impressionnantes: TUNINDEX +38,34% depuis le 1er janvier, indice des banques +44,82%, indice des assurances +48,87% et indice des services financiers +55,26%.
Publications du troisième trimestre: le marché récompense la visibilité plus que la seule croissance
Le flux d’annonces officielles du 19 octobre 2026 a porté sur SITS, Attijari Leasing et ATB, tandis que les valeurs signalées comme actives dans l’actualité du jour incluent aussi Modern Leasing et Tunisie Leasing. Même sans emballement généralisé, la séance a montré que la BVMT valorise d’abord la lisibilité des revenus et la capacité à traverser un environnement de coûts plus lourd. C’est particulièrement vrai dans un pays où la dépréciation du dinar face au dollar de 3,10% en une journée, combinée à une hausse hebdomadaire du Brent de 2,2%, peut rapidement peser sur les marges des groupes importateurs, sur la facture énergétique nationale et, à terme, sur les équilibres budgétaires.
Les financières ont ainsi servi de point d’ancrage. Attijari Leasing a gagné 2,3% à 37,0 TND, Tunisie Leasing1,4% à 4,5 TND pour Modern Leasing et plusieurs banques ont avancé, même si la hiérarchie est restée dispersée. Attijari Bank a, elle, cédé 0,7% à 75,89 TND, preuve que le marché ne traite pas le secteur bancaire comme un bloc homogène. Cette divergence est importante: dans l’analyse bourse Tunis, les investisseurs arbitrent désormais entre établissements selon la qualité du bilan, le coût du risque, la dynamique commerciale et l’exposition aux secteurs les plus fragiles de l’économie réelle.
Le cas des sociétés de leasing mérite une attention particulière. Dans un environnement de taux et de change plus tendu, ces acteurs peuvent bénéficier d’une demande de financement d’équipement, mais ils restent exposés au coût de refinancement et à la qualité des créances. Le rebond de Tunisie Leasing (+2,3%) et de Modern Leasing (+1,4%) suggère que le marché lit les publications du troisième trimestre comme suffisamment solides pour maintenir la croissance de l’activité, ou du moins pour éviter une dégradation brutale. D’après la logique habituelle du marché tunisien, ce type de réaction traduit moins une euphorie sur les bénéfices qu’une prime accordée à la résilience opérationnelle.
Le change et le pétrole redessinent la lecture des résultats à la BVMT
Le facteur macro du jour est difficile à ignorer. La hausse du USD/TND à 2,9885 et celle de l’EUR/TND à 3,359 (+3,08%) renchérissent les achats extérieurs, qu’il s’agisse d’énergie, de biens intermédiaires ou d’équipements. Pour la Tunisie, importatrice nette d’hydrocarbures, un Brent à 108,25 dollars reste un niveau élevé, même après un repli quotidien de 1,2%. Cela signifie que les résultats trimestriels des industriels, des distributeurs et de certains groupes de consommation seront scrutés à travers deux filtres: la capacité à répercuter les coûts et la discipline sur les charges.
Cette grille de lecture aide à comprendre la faiblesse de plusieurs valeurs industrielles ou de consommation. One Tech Holding a perdu 2,0% à 10,0 TND, TPR2,7% à 12,45 TND, Euro-Cycles1,9% à 10,0 TND et Smart Tunisie1,5% à 31,5 TND. À l’échelle sectorielle, l’indice des produits ménagers et de soin personnel a reculé de 0,36% et l’indice de distribution de 0,20%. Ces mouvements restent contenus, mais ils signalent que le marché commence à intégrer un quatrième trimestre potentiellement plus exigeant sur les marges si le dinar reste sous pression et si les cours énergétiques ne se détendent pas davantage.
À l’inverse, certains segments conservent un soutien structurel. L’indice agro-alimentaire et boissons n’a cédé que 0,03% tout en affichant une progression de 31,11% depuis le début de l’année. Dans un pays où les exportations d’huile d’olive et la saison touristique influencent les entrées de devises, les investisseurs continuent de distinguer les groupes capables de générer des revenus plus défensifs ou partiellement indexés à la demande extérieure. Cela n’annule pas le risque macro, mais cela explique pourquoi la correction reste sélective plutôt que généralisée.
Autres mouvements: immobilier, matériaux et petites capitalisations sous les projecteurs
En dehors des financières, la séance a été animée par des mouvements marqués sur des valeurs de taille plus modeste. Land’Or a signé la meilleure performance du jour avec +6,0% à 14,73 TND, tandis que SOMOCER a gagné 3,2% à 0,64 TND et Carthage Cement1,7% à 1,8 TND. Dans l’immobilier, SITS figurait parmi les dossiers suivis après sa publication trimestrielle, alors qu’Essoukna a chuté de 6,0% à 4,73 TND. Cette dispersion rappelle que les publications d’activité, même lorsqu’elles ne donnent pas encore une image complète de la rentabilité, suffisent à déplacer les cours sur la BVMT, où la liquidité reste plus limitée que sur les grandes places régionales.