Bourse de Casablanca — Le MASI cède 0,44%, les banques amortissent le choc avec 45,8 MDH sur BOA et Attijari
Le MASI a reculé de 0,44% ce 14 octobre 2026, pénalisé par les minières et les mid caps, mais les bancaires ont limité la casse. Bank of Africa et Attijariwafa bank ont concentré 45,8 MDH d’échanges, signe d’une rotation défensive dans un contexte de pétrole à 106,35 dollars et de MAD affaibli.
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Le repli du MASI à 16.967,31 points, en baisse de 0,44% ce mercredi 14 octobre 2026, aurait pu être plus marqué sans la résistance du compartiment bancaire. Dans une séance dominée par 37 baisses contre 16 hausses et 28 valeurs inchangées, les flux se sont concentrés sur les grandes capitalisations financières, avec 26,89 MDH échangés sur Bank of Africa et 18,93 MDH sur Attijariwafa bank, soit 45,82 MDH à elles deux.
Cette hiérarchie des volumes n’est pas anodine. Elle traduit une rotation vers des dossiers jugés plus défensifs dans un marché financier Maroc confronté à un double choc externe: un Brent à 106,35 dollars le baril, en hausse de 0,6% sur la séance et de 1,6% sur la semaine, et un USD/MAD à 9,888, en progression de 5,47%, tandis que l’EUR/MAD à 10,988 gagne 4,88%. Pour une économie importatrice nette d’énergie comme le Maroc, cette combinaison renchérit la facture énergétique, pèse sur les marges des secteurs industriels et alimente mécaniquement une préférence pour les valeurs bancaires les plus liquides.
- MASI Mid and Small Cap: 1.615,91 points (-0,95%, YTD -12,25%)
- Volumes BOA + Attijariwafa bank: 45,82 MDH
- Brent: 106,35 dollars; USD/MAD: 9,888
Contexte de marché: le cours MASI recule, mais les poids lourds tiennent
La photographie de la bourse Casablanca aujourd’hui montre un marché à deux vitesses. D’un côté, le MASI 20 a réussi à terminer en légère hausse de 0,03% à 1.230,11 points, ce qui indique que les plus grosses capitalisations ont mieux résisté que l’ensemble de la cote. De l’autre, le MASI Mid and Small Cap a chuté de 0,95% à 1.615,91 points, portant sa contre-performance depuis le début de l’année à -12,25%, contre -9,97% pour le MASI global.
Le MASI ESG a lui aussi cédé 0,84% à 1.253,32 points, avec une performance annuelle quasi nulle de +0,14%. Cette divergence entre grands dossiers liquides et segments plus étroits confirme un schéma classique de réduction du risque: quand le coût des intrants importés monte et que le dirham se déprécie face au dollar et à l’euro, les investisseurs privilégient les bilans les plus solides, la profondeur de marché et la visibilité sur les revenus.
La structure de la cote marocaine renforce ce mouvement. Les banques et les télécoms pèsent lourd dans les indices, ce qui explique pourquoi Itissalat Al-Maghrib, en hausse de 0,6% à 91,0 MAD, et les bancaires ont contribué à éviter une correction plus profonde. À l’inverse, les valeurs plus cycliques ou plus sensibles aux matières premières importées ont davantage souffert.
Banques: la liquidité se concentre sur BOA et Attijari, signe de refuge relatif
Le fait marquant de la séance n’est pas une flambée de cours, mais la concentration des échanges. Bank of Africa a terminé inchangée avec 26,89 MDH de volume, tandis qu’Attijariwafa bank a cédé seulement 0,2% avec 18,93 MDH échangés. À elles deux, ces valeurs ont capté une part dominante des transactions visibles parmi les cinq plus gros volumes, devant Managem à 19,34 MDH et SMI à 13,63 MDH, deux minières en baisse de 3,2% chacune.
Pourquoi les banques résistent-elles mieux dans ce contexte? D’abord parce que leur profil de marché est plus défensif que celui des minières ou de certaines industrielles. Ensuite parce que les grands établissements marocains disposent d’une diversification géographique en Afrique de l’Ouest et centrale, ce qui peut amortir une partie des chocs domestiques, même si cela les expose aussi à d’autres cycles monétaires. Enfin, dans une séance où le MASI 20 reste positif de 0,03%, la stabilité de BOA et la faible baisse d’Attijariwafa bank montrent que les flux institutionnels ont privilégié la liquidité plutôt que la prise de risque sur les petites capitalisations.
Le comportement de BCP, en hausse de 0,8% à 245,9 MAD, va dans le même sens, même si la valeur ne doit pas être le point focal de cette analyse. Le trio bancaire a donc joué un rôle d’amortisseur, alors que la largeur du marché restait franchement négative. Cette résilience sectorielle est d’autant plus notable que la hausse du dollar de 5,47% face au dirham peut, à terme, raviver les interrogations sur le coût du risque pour les entreprises importatrices et sur la dynamique du crédit dans les secteurs les plus exposés.
Matières premières et change: les minières et industrielles sous pression
Le contraste le plus net est venu des valeurs liées aux matières premières ou aux intrants industriels. Managem a perdu 3,2% à 1.500 MAD sur 19,34 MDH de volume, tandis que SMI a également cédé 3,2% à 5.650 MAD avec 13,63 MDH échangés. Ce recul intervient alors même que l’or reste à 4.098,9 dollars l’once, malgré une baisse de 1,9% sur la séance, et que l’argent chute de 5,7% à 55,81 dollars. Pour des valeurs minières, la correction des métaux précieux peut rapidement peser sur le sentiment, surtout après des phases de forte volatilité.
Les industrielles importatrices ont aussi accusé le coup. Aluminium du Maroc a décroché de 3,9% à 1.892 MAD, Sonasid de 3,0% à 1.645 MAD, Stroc Industrie de 3,1% à 154,05 MAD et Colorado de 1,9% à 75,5 MAD. La logique est simple: avec un EUR/MAD à 10,988 et un USD/MAD à 9,888, les achats de matières premières, d’équipements ou de composants libellés en devises deviennent plus coûteux. Dans un environnement où le pétrole dépasse 106 dollars, les coûts logistiques et énergétiques s’ajoutent à cette pression.
Même les valeurs de consommation n’ont pas été totalement épargnées. Lesieur Cristal a reculé de 3,4% à 280,2 MAD, alors que les groupes agroalimentaires restent sensibles aux coûts d’importation et aux prix internationaux des commodités agricoles. À l’inverse, Cosumar a progressé de 1,1% à 176,4 MAD. Selon Medias24 et La Vie éco, le groupe attend plus de 3 MMDH de retombées de la campagne 2026-2027 et a lancé les semis sur 63.000 hectares de plantes sucrières. Cette visibilité opérationnelle a probablement soutenu le titre malgré un contexte de marché défavorable.
Consommation, distribution et technologie: quelques poches de résistance
Parmi les hausses du jour, Mutandis a gagné 2,6% à 229,8 MAD, Label Vie2,2% à 3.935 MAD, Disway1,4% à 740 MAD et Microdata1,1% à 750 MAD. Ces progressions restent sélectives, mais elles montrent que le marché distingue les dossiers capables de défendre leurs marges ou de bénéficier d’une demande relativement résiliente.
Dans la distribution, la hausse de Label Vie peut être lue comme un arbitrage vers une valeur exposée à la consommation domestique structurée, même si la faiblesse du dirham renchérit aussi les importations. Dans la technologie, Disway et Microdata ont avancé de 1,4% et 1,1%, ce qui suggère que certains investisseurs continuent de privilégier des profils de croissance plus lisibles. Ce type de sélectivité avait déjà été visible lors d’une précédente séance marquée par les matériaux de construction, comme le rappelait Bourse de Casablanca — LafargeHolcim Maroc bondit de 6,1% et tire un MASI en hausse de 0,94%.
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