Bourse de Casablanca — MASI +0,29% sur la semaine du 5 au 9 octobre, T2S et ALM défient une cote divisée
Le MASI a repris 0,29% sur la semaine du 5 au 9 octobre 2026 à 16.797,1 points, malgré une largeur de marché négative avec 26 hausses contre 28 baisses. T2S (+5,2%) et Aluminium du Maroc (+5,1%) ont mené un rebond sélectif, sur fond de pétrole à 104,13 dollars et d’euro plus ferme face au dirham.
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Le marché actions marocain a terminé la semaine du 5 au 9 octobre 2026 sur une note légèrement positive, mais sans véritable élan collectif. Le MASI a gagné 0,29% à 16.797,1 points, un rebond modeste après les replis signalés plus tôt dans la semaine par *Medias24*, alors que la cote restait partagée entre 26 valeurs en hausse, 28 en baisse et 27 inchangées.
Cette progression limitée dit beaucoup de la physionomie actuelle de la Bourse de Casablanca: quelques dossiers ont porté l’indice, mais la participation est restée étroite. Dans un environnement où le Brent a avancé de 3,8% sur la semaine à 104,13 dollars le baril et où l’EUR/MAD s’est apprécié de 0,79% à 10,905, le marché financier Maroc a dû arbitrer entre soutien aux valeurs exportatrices ou liées aux matières premières, et pression sur les groupes exposés aux coûts d’importation.
Key figures
- MASI: 16.797,1 points, soit +0,29% sur la séance de vendredi et bilan hebdomadaire positif
- Plus gros volumes: Label Vie 15,57 MDH, Attijariwafa bank 14,24 MDH, Managem 12,78 MDH
Contexte de marché: un rebond de l’indice, mais une cote encore fragile
Le contraste entre la hausse du cours MASI et une largeur de marché négative montre que le rebond n’a pas été homogène. Le MASI 20 a progressé de 0,33% à 1.215,94 points, légèrement mieux que l’indice large, tandis que le MASI ESG a cédé 0,07% à 1.241,39 points. Le segment MASI Mid and Small Cap a, lui, reculé de 0,23% à 1.607,97 points, portant sa contre-performance depuis le début de l’année à -12,68%, contre -10,87% pour le MASI.
Cette sous-performance des petites et moyennes capitalisations n’est pas anodine. Elle traduit une préférence persistante pour les dossiers liquides ou défensifs dans un marché qui reste prudent après la cassure du seuil des 17.500 points évoquée par *Medias24* en début de semaine. En d’autres termes, la hausse hebdomadaire du MASI ressemble davantage à une stabilisation technique qu’à un retournement large de tendance.
Les volumes confirment cette lecture sélective. Label Vie a concentré 15,57 MDH d’échanges sans variation de cours, Attijariwafa bank14,24 MDH également à l’équilibre, tandis que TGCC a brassé 12,74 MDH en gagnant 2,4%. Marsa Maroc a ajouté 11,58 MDH de transactions pour une hausse de 2,0%. Quand les plus gros volumes se répartissent entre des titres stables et quelques hausses ciblées, cela signale un marché en rotation plutôt qu’un mouvement directionnel franc.
Le vrai signal de la semaine: un rebond très sélectif porté par quelques dossiers industriels et de services
La meilleure performance hebdomadaire est revenue à T2S Group Holding, en hausse de 5,2% à 200,0 MAD. Le mouvement est significatif parce qu’il intervient dans un marché peu porteur en termes de largeur. Une hausse de plus de 5% dans une semaine où les baisses ont été plus nombreuses que les hausses traduit généralement un repositionnement spécifique des investisseurs, et non un simple effet d’entraînement de l’indice.
Aluminium du Maroc a suivi avec +5,1% à 1.987,0 MAD. Cette progression mérite d’être reliée au contexte de change et de matières premières. Un EUR/MAD en hausse de 0,79% peut renchérir certaines importations industrielles libellées en euro, mais il peut aussi modifier les anticipations sur les prix de vente et les marges selon la structure d’approvisionnement et de clientèle. Surtout, dans un marché marocain où les investisseurs cherchent des poches de résilience hors bancaires et télécoms, les valeurs industrielles capables d’afficher une discipline opérationnelle attirent plus facilement les flux.
Le compartiment énergie-distribution a aussi bien tenu. TotalEnergies Marketing Maroc a gagné 3,5% à 1.346,0 MAD et Afriquia Gaz3,4% à 3.619,0 MAD. Ce comportement s’inscrit dans un contexte de Brent au-dessus de 104 dollars, alimenté selon les gros titres mondiaux par l’impasse des discussions américano-iraniennes et la tension sur les marchés de carburants. Pour le Maroc, importateur net d’énergie, un pétrole plus cher pèse sur la facture énergétique nationale et sur certains coûts d’exploitation. Mais pour les distributeurs cotés, le marché peut aussi intégrer des effets de valorisation des stocks ou une meilleure tenue des revenus nominaux, ce qui explique en partie la résistance du compartiment.
Le rebond de 2,4% de TGCC à 650,0 MAD et celui de 2,0% de Marsa Maroc à 760,0 MAD racontent une autre histoire: celle des valeurs liées à l’investissement et aux flux logistiques. Dans un environnement où le dollar a reculé de 2,15% face au dirham à 9,756, une partie des importations libellées en dollar devient mécaniquement moins coûteuse en monnaie locale. Cela peut soutenir, à la marge, les anticipations sur les groupes consommateurs d’équipements ou exposés au commerce extérieur, même si l’effet reste à nuancer par la hausse du pétrole.
Les perdants rappellent que la reprise reste incomplète
Le tableau des baisses montre pourquoi il serait excessif de parler de retournement solide. Rebab Company a chuté de 6,0% à 97,77 MAD, Lesieur Cristal de 3,5% à 280,0 MAD, Jet Contractors de 3,2% à 1.500,0 MAD et SNEP de 3,1% à 280,0 MAD. Ces replis touchent des profils très différents — consommation, BTP, chimie — ce qui suggère une prudence diffuse plutôt qu’un stress concentré sur un seul secteur.
La baisse de Mutandis de 2,7% à 215,0 MAD, celle d’Alliances de 2,4% à 322,0 MAD et le recul de Sonasid de 2,1% à 1.650,0 MAD illustrent aussi les arbitrages en cours. Pour les valeurs industrielles et immobilières, la question des coûts reste centrale: un pétrole plus élevé renchérit la chaîne logistique, tandis qu’un euro plus ferme face au dirham peut peser sur certaines importations de biens intermédiaires. À l’inverse, la détente du dollar contre le dirham offre un amortisseur partiel, mais pas suffisant pour effacer toutes les pressions.
Même les métaux précieux n’ont pas uniformément soutenu la cote. L’or a progressé de 1,3% à 4.210,3 dollars, l’argent de 3,3% à 60,99 dollars et le platine de 4,1% à 1.692,1 dollars. Pourtant, Managem a reculé de 1,1% malgré 12,78 MDH de volumes. Cela montre que les investisseurs ne se contentent pas de suivre mécaniquement les cours des métaux: ils arbitrent aussi sur les valorisations, les coûts d’extraction, les devises et les perspectives opérationnelles. Pour mémoire, *H24info* rapportait le 2 octobre une progression des gains des sociétés cotées au premier semestre, portée notamment par le compartiment minier. Une partie de cette amélioration semble déjà intégrée dans les cours.
Flux, résultats et Afrique: les dossiers fondamentaux restent au centre du jeu
Parmi les dossiers de fond, Attijariwafa bank est restée très traitée avec 14,24 MDH de volumes, sans variation hebdomadaire notable dans les données fournies. Ce calme apparent contraste avec l’importance stratégique de son expansion africaine. Selon *Aujourd’hui le Maroc* et *H24info*, le groupe a acquis 55,22% de Société Générale Ghana, tandis que *Fitch*, cité par *برلمان.كوم*, estime que cette opération laisse intact le coussin de fonds propres du groupe. Pour la place casablancaise, ce type d’opération compte au-delà du seul titre bancaire: il renforce les liens entre le Maroc et les marchés ouest-africains, notamment la BRVM, et rappelle que la prime de croissance des grandes capitalisations marocaines se joue aussi hors du marché domestique.
Le compartiment consommation et santé a, lui aussi, offert des signaux contrastés. AKDITAL a progressé de 1,5% à 1.030,0 MAD après des publications relayées par *Lesinfos.ma* faisant état d’un bénéfice semestriel de 252 millions de MAD. À l’inverse, Label Vie, pourtant premier volume de la semaine à 15,57 MDH, a terminé inchangé. Ce décalage entre activité et performance traduit souvent des arbitrages entre investisseurs de long terme et opérateurs plus tactiques.
Pour replacer cette semaine dans une séquence plus large, on peut relire notre précédent article sur Zodiac Energie bondit de 10% malgré un MASI en repli de 1,42%. Le point commun est clair: la bourse casablanca aujourd'hui reste dominée par des mouvements très idiosyncratiques, où quelques titres surperforment même lorsque l’indice peine à construire une tendance large.
Ce qu’il faut surveiller la semaine prochaine
Pour la semaine suivant le 9 octobre 2026, trois variables mériteront une attention particulière dans toute analyse bourse Casablanca. D’abord, l’évolution du Brent autour de 104 dollars: pour un pays importateur net comme le Maroc, un pétrole durablement élevé peut peser sur les marges de plusieurs secteurs, même s’il soutient ponctuellement certaines valeurs de distribution. Ensuite, le couple EUR/MAD à 10,905 et USD/MAD à 9,756: la divergence entre un euro plus fort et un dollar plus faible peut redistribuer les cartes selon l’exposition devises des émetteurs. Enfin, les prochaines publications d’entreprises et notes d’analystes de la place — notamment celles des brokers locaux comme BKGR, Attijari Global Research ou CDG Capital lorsqu’elles seront disponibles — seront essentielles pour vérifier si le rebond du MASI au-dessus de 16.700 points peut s’élargir au-delà de quelques dossiers isolés.