Le BRVM Composite a clôturé en recul de 0,70% à 413,71 points ce lundi 16 mars 2026, effaçant une partie des gains accumulés depuis le début de l'année (+1,70% YTD), alors que les marchés digèrent simultanément une vague d'augmentations de capital du géant bancaire régional Bank of Africa et la volatilité des matières premières mondiales. Le BRVM-30, indice des principales valeurs, a cédé 0,80% à 193,05 points, dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient ayant propulsé le Brent à 100,26 $/baril (+9,0% hebdomadaire malgré un repli journalier de 2,8%), selon les données énergétiques internationales.
La séance a été marquée par une dispersion des performances sectorielles et une prudence généralisée, reflétée par la faiblesse de la participation : sur les 47 valeurs cotées, seulement 13 titres ont progressé contre 16 en baisse et 18 inchangés, d'après les données officielles du BRVM. Le volume des échanges est resté contenu à 1,2 milliard de XOF échangés, illustrant l'attentisme des investisseurs face aux incertitudes externes liées au conflit iranien et aux barrières commerciales mondiales qui perturbent les flux de matières premières.
Bank of Africa déclenche une opération régionale de grande ampleur
L'événement corporatif majeur de la journée réside dans l'annonce simultanée de quatre augmentations de capital par Bank of Africa (BOA), couvrant ses filiales du Bénin (BOAB), du Sénégal (BOAS), du Mali (BOAML) et du Burkina Faso (BOABF). Cette stratégie de renforcement capitalistique intervient alors que le groupe, présent dans 18 pays africains, cherche à consolider ses positions dans la zone UEMOA face à la concurrence des banques panafricaines et aux risques croissants dans les États du Sahel, rapporte Financial Afrik.
Curieusement, la réaction du marché a été dichotomique : si BOABF a gagné 1,7% à 5 290 XOF, devenant le meilleur performeur de la séance, , parmi les plus lourdes pertes du jour. Cette divergence s'explique par la crainte de dilution pour les actionnaires existants de la filiale sénégalaise, historiquement plus liquide et valorisée, contrebalancée par l'optimisme sur la capacité de la filiale burkinabè à absorber les chocs économiques liés à l'insécurité régionale. Les filiales concernées détiennent des actifs significatifs nécessitant des fonds propres additionnels pour respecter les ratios de solvabilité de la Commission Bancaire de l'UEMOA (CBUEMOA), qui exige un minimum de de fonds propres réglementaires.
