Bourse de Casablanca — MASI -2,18% sur la semaine, 55 baisses sur 81 malgré le sursaut minier
Le MASI a cédé 2,18% sur la semaine close le 18 septembre 2026, dans un marché très vendeur avec 55 valeurs en baisse sur 81. Les minières ont résisté, mais les bancaires, l’assurance et les grandes capitalisations ont pesé sur la cote.
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Le marché actions marocain a terminé la semaine du 14 au 18 septembre 2026 sur une note nettement défensive, avec un MASI en baisse de 2,18% à 17.592,46 points et seulement 6 hausses contre 55 baisses. Le contraste le plus marquant est venu des minières, où CMT a bondi de 10,0% et SMI de 3,5%, alors même que les poids lourds bancaires et assurantiels ont tiré l’indice vers le bas.
Cette configuration dit beaucoup sur la bourse Casablanca aujourd’hui: le repli n’a pas été provoqué par un seul accident de parcours, mais par une vente large des grandes capitalisations. Le MASI 20 a reculé plus fortement, de 2,35% à 1.282,32 points, tandis que le MASI ESG a perdu 1,96% à 1.307,79 points, signe que même les valeurs dites défensives n’ont pas totalement échappé au mouvement.
Chiffres clés
- MASI: -2,18% sur la semaine à 17.592,46
- MASI 20: -2,35% ; MASI ESG: -1,96%
- 55 baisses, 6 hausses, 20 inchangés
- CMT +10,0% ; Wafa Assurance -7,5%
- Managem: 85,8 MDH de volume, premier échange de la semaine
Contexte de marché: les grandes capitalisations ont mené la baisse
Dans l’architecture du marché financier Maroc, la concentration sectorielle du MASI reste déterminante. Les banques, les télécoms, les infrastructures et quelques industrielles dominent la capitalisation, ce qui amplifie les mouvements lorsque les flux vendeurs se concentrent sur les blue chips. Cette semaine, la faiblesse de Attijariwafa Bank, en baisse de 2,5% avec 49,5 MDH de volume, de Bank of Africa, en repli de 0,8% avec 61,7 MDH, et de CDM, qui a décroché de 5,1%, a pesé lourdement sur le cours MASI.
La largeur de marché confirme ce diagnostic. Sur 81 valeurs cotées, 20 sont restées inchangées, ce qui signifie que près de 68% du marché a clôturé dans le rouge. Parmi les plus fortes baisses figurent Wafa Assurance (-7,5% à 4.810 MAD), BMCI (-6,9% à 540 MAD), LafargeHolcim Maroc (-6,0% à 1.610 MAD), Mutandis (-6,0% à 221 MAD) et CMGP Group (-5,6% à 287 MAD). À l’inverse, les hausses se sont concentrées sur un petit noyau de dossiers, notamment CMT, Promopharm (+5,9%) et SMI (+3,5%).
Le fait que le MASI Mid and Small Cap ait limité son recul à 1,60% à 1.674,5 points, contre -2,18% pour le MASI, est un signal intéressant. Cela ne traduit pas une prise de risque généralisée sur les petites capitalisations, mais plutôt une pression plus forte sur les grandes valeurs liquides, celles que les investisseurs institutionnels peuvent vendre rapidement. C’est un schéma déjà observé dans Bourse de Casablanca — Mutandis gagne 2,1% quand le MASI cède 1,13%, signe d’une rotation défensive, où la dispersion des performances révélait déjà une sélectivité accrue.
Pourquoi le marché a cédé: rotation hors des financières, pression FX et arbitrages globaux
Le principal moteur de la semaine a été la combinaison d’un désengagement des financières et d’un environnement macro moins lisible pour les marges domestiques. Le dirham a subi une pression face aux devises de référence: le USD/MAD a progressé de 0,58% à 9,5175, tandis que le EUR/MAD a bondi de 3,51% à 10,91. Pour une économie importatrice nette d’énergie et de nombreux intrants industriels, cette hausse de l’euro renchérit mécaniquement une partie des coûts d’approvisionnement, surtout pour les groupes exposés aux achats en Europe.
Ce point est crucial pour comprendre pourquoi la baisse du pétrole n’a pas suffi à soutenir la cote. Le Brent a chuté de 6,0% sur la semaine à 99,31 dollars le baril, un mouvement théoriquement favorable au Maroc, importateur net d’hydrocarbures. En temps normal, un tel repli allège la facture énergétique, améliore les perspectives de marges pour certains industriels et réduit la pression sur les comptes extérieurs. Mais cette semaine, l’effet positif du pétrole a été partiellement neutralisé par la remontée de l’euro contre le dirham, alors que les marchés mondiaux restaient travaillés par les nouvelles barrières commerciales sur les matières premières, selon les gros titres macro fournis dans le brief.
Autrement dit, le marché n’a pas seulement arbitré le niveau absolu du pétrole; il a aussi intégré le coût de change et la visibilité réduite sur les chaînes d’approvisionnement. C’est particulièrement visible dans des valeurs comme Lesieur Cristal (-4,9%), Auto Hall (-4,6%) ou Delta Holding (-4,6%), dont les modèles sont sensibles au coût des intrants, à la demande domestique et aux cycles d’investissement. Même les valeurs défensives n’ont pas été épargnées, le MASI ESG reculant de 1,96%, soit à peine mieux que l’indice large.
Les minières ont servi de refuge relatif, portées par les métaux précieux
La meilleure poche de résistance est venue des métaux. CMT a signé la plus forte hausse hebdomadaire avec +10,0% à 2.681 MAD, tandis que SMI a gagné 3,5% à 6.700 MAD et Managem a limité son repli à 0,7% malgré un marché très vendeur, avec 85,8 MDH de transactions, le plus gros volume de la semaine. Cette résilience n’est pas isolée: elle s’inscrit dans un contexte international de fermeté des métaux précieux, avec l’or à 4.418 dollars l’once (+0,4%), l’argent à 67,21 dollars (+2,7%) et le platine à 1.808,3 dollars (+0,9%).
Pour les investisseurs locaux, le raisonnement est simple. Quand les financières corrigent et que la visibilité sur les coûts importés se brouille, les producteurs de métaux offrent une exposition plus directe à des prix mondiaux en hausse. Dans le cas de Managem, la profondeur du volume suggère moins une panique qu’un arbitrage actif entre poches sectorielles. Le titre a reculé de seulement 0,7%, soit bien moins que le MASI (-2,18%), ce qui ressemble à une surperformance relative dans une semaine de stress.
Cette rotation vers les minières a aussi une dimension de couverture macro. Les tensions commerciales mondiales évoquées dans le brief peuvent soutenir certains segments métalliques en créant des déséquilibres d’offre, même si elles compliquent d’autres chaînes de valeur. Pour la analyse bourse Casablanca, c’est un point central: la cote marocaine ne réagit pas seulement à la conjoncture domestique, mais aussi à la hiérarchie mondiale des matières premières.
Volumes: Marsa Maroc, banques et BTP au cœur des arbitrages
Au-delà des variations de cours, les volumes racontent une semaine de repositionnement sur les dossiers les plus liquides. Marsa Maroc a enregistré 64,7 MDH d’échanges pour une baisse de 1,8%, alors que, selon Financial Afrik, son chiffre d’affaires consolidé du premier semestre 2026 a progressé de 13% et que, selon laquotidienne.ma, l’opérateur conserve la 4e place en Afrique parmi les opérateurs portuaires. Le reflux du titre malgré ces éléments montre que le marché a privilégié la réduction d’exposition plutôt que la lecture fondamentale de court terme.
Le même phénomène s’observe sur les banques et le BTP. Bank of Africa a brassé 61,7 MDH pour un repli limité de 0,8%, quand Attijariwafa Bank a perdu 2,5% sur 49,5 MDH. SGTM a, de son côté, cédé 4,9% à 580 MAD avec 41,2 MDH de volume, ce qui en fait l’un des dossiers les plus activement arbitrés de la semaine. Quand les volumes se concentrent sur ces noms sans catalyseur négatif spécifique publié, cela traduit généralement des ajustements de portefeuille plus larges, pas seulement une réaction à une nouvelle d’entreprise.
Les publications d’entreprises n’ont pas inversé la tendance
Sur le front corporate, plusieurs annonces ont apporté du contexte sans suffire à retourner le marché. Selon Medias24 et L’Economiste, TAQA Morocco a publié un RNPG en hausse de 5,8% au S1 2026 et 515 MDH d’investissements sur six mois, tout en préparant 8,6 GW de projets à l’horizon 2030 selon Le Nouvelliste Maroc. Fondamentalement, la baisse du Brent de 6,0% sur la semaine est plutôt favorable à l’économie marocaine dans son ensemble, mais pour les utilities et producteurs d’électricité, l’effet boursier dépend surtout de la structure contractuelle, des coûts de combustible et de la visibilité réglementaire.
D’autres dossiers ont animé le flux d’informations. Selon Boursenews, Cosumar a détaillé le calendrier de son nouveau programme de rachat d’actions, tandis que, selon Medias24, Akdital a lancé une académie de formation pour structurer ses besoins internes. Ces annonces nourrissent la lecture fondamentale du marché, mais elles n’ont pas dominé la semaine, éclipsées par la correction des grandes capitalisations et la rotation sectorielle.
Ce qu’il faut surveiller après ce bilan hebdomadaire