Bourse de Casablanca — SBM et Maghreb Oxygène gagnent 1,8% malgré un MASI en repli de 1,14%
À Casablanca, SBM et Maghreb Oxygène ont progressé de 1,8% mardi 15 septembre 2026, à contre-courant d’un MASI en baisse de 1,14%. Dans un marché pénalisé par la hausse du pétrole et du dollar, les investisseurs ont privilégié des profils défensifs.
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Mardi 15 septembre 2026, le contraste le plus net de la cote casablancaise n’est pas venu des poids lourds, mais de deux valeurs défensives: Société des Boissons du Maroc et Maghreb Oxygène ont chacune gagné 1,8%, à respectivement 2.109 MAD et 383 MAD, alors que le MASI a cédé 1,14% à 18.190,19 points. Dans une séance marquée par 48 baisses contre seulement 13 hausses, cette résistance a illustré un réflexe classique de préservation dans un marché financier Maroc fragilisé par la remontée simultanée du pétrole et des devises.
La toile de fond macroéconomique explique une partie de cette sélectivité. Le Brent a progressé de 2,6% sur la séance à 108,44 dollars le baril, tandis que le USD/MAD s’est apprécié de 4,84% à 9,4764 et l’EUR/MAD de 4,14% à 10,927. Pour une économie importatrice nette d’énergie comme le Maroc, cette double hausse renchérit à la fois la facture énergétique et le coût des intrants importés, ce qui pèse mécaniquement sur les marges des industriels les plus exposés et, par ricochet, sur le sentiment de marché.
Contexte de marché: une cote large en repli, peu de refuges
Le repli a touché l’ensemble des grands compartiments. Le MASI 20 a perdu 0,80% à 1.319,48 points, portant sa performance depuis le début de l’année à -11,18%, ce qui montre que les grandes capitalisations restent sous pression plus forte que le marché élargi. Le MASI ESG a reculé de 1,66% à 1.345,26 points, tandis que le MASI Mid and Small Cap a abandonné 0,93% à 1.771,38 points. En année glissante 2026, le cours MASI reste à -3,48%, contre -3,81% pour les mid et small caps, signe d’une faiblesse désormais diffuse.
La physionomie de la séance confirme cette prudence. Parmi les volumes les plus étoffés, LafargeHolcim Maroc a reculé de 0,3% avec 52,68 millions de MAD échangés, Akdital a cédé 0,9% pour 51,63 millions de MAD, tandis que Managem a chuté de 4,7% avec 44,65 millions de MAD. Même les valeurs traditionnellement considérées comme plus stables n’ont pas toutes servi d’abri: Itissalat Al-Maghrib a perdu 0,3% sur 44,19 millions de MAD de volumes. Autrement dit, la bourse Casablanca aujourd’hui n’a pas offert de refuge généralisé; elle a récompensé des dossiers très ciblés.
Focus valeur: pourquoi SBM et Maghreb Oxygène ont résisté
La progression de Société des Boissons du Maroc de 1,8% à 2.109 MAD peut se lire comme un arbitrage en faveur d’une consommation jugée relativement défensive. Dans une séance où Cosumar a décroché de 3,6% à 186 MAD, Ciments du Maroc de 2,9% à 1.600 MAD et Alliances de 3,5% à 391 MAD, SBM a bénéficié d’un profil plus lisible: exposition domestique, demande moins cyclique que les matériaux ou la promotion immobilière, et capacité historique à répercuter une partie des hausses de coûts, selon les lectures habituelles des analystes locaux relayées par Medias24 et la recherche de place.
Le facteur devise n’est pas neutre. La hausse de 4,14% de l’euro face au dirham et celle de 4,84% du dollar compliquent l’équation pour les sociétés dépendantes d’intrants importés. Mais dans un marché qui vend d’abord le risque cyclique, les investisseurs ont semblé privilégier la visibilité relative des cash-flows plutôt qu’une lecture purement comptable des coûts. C’est ce qui distingue une séance de rotation défensive d’une séance de panique: les acheteurs ne se retirent pas totalement, ils se concentrent sur quelques noms capables d’absorber un choc de coûts mieux que la moyenne sectorielle.
Le cas de Maghreb Oxygène, également en hausse de 1,8% à 383 MAD, relève d’une logique voisine mais avec une nuance industrielle. Les gaz industriels et médicaux sont souvent perçus comme des activités de continuité, moins sensibles aux à-coups de la demande que la sidérurgie ou certains segments du BTP. Cette lecture est renforcée par la baisse de 3,4% de Sonasid à 1.835 MAD et de 3,7% de Jet Contractors à 1.943 MAD. Dans une séance où les investisseurs ont sanctionné les dossiers les plus corrélés au cycle de l’investissement, MOX a profité d’un statut de valeur de niche défensive.
Le vrai message du marché: pression sur les cycliques et les matières premières
La baisse de 4,7% de Managem à 1.620 MAD a constitué l’un des signaux les plus parlants de la séance, d’autant qu’elle s’est accompagnée de 44,65 millions de MAD de volumes. Ce recul peut sembler contre-intuitif alors que l’or reste à 4.333,1 dollars l’once, un niveau historiquement élevé, mais il rappelle que les minières marocaines ne se traitent pas uniquement sur le métal jaune. L’argent n’a gagné que 0,6%, le platine a cédé 0,1%, et les investisseurs ont pu arbitrer après des séquences de valorisation tendues, surtout dans un contexte de dollar fort qui rebat les cartes sur les coûts, les flux et les primes de risque.
Le mouvement extrême de Minière Touissit, en chute de 60,2% à 1.730 MAD, a mécaniquement pesé sur le sentiment, même si ce type de variation peut aussi refléter un ajustement technique ou corporate qui nécessite des précisions additionnelles. En l’absence d’éléments complémentaires vérifiés, il faut s’en tenir au constat: une telle baisse sur une valeur minière accentue la nervosité sur tout le compartiment extractif. Zellidja a d’ailleurs perdu 8,8% à 278 MAD.
À l’inverse, le compartiment énergétique coté a mieux tenu, sans pour autant s’envoler. Taqa Morocco a grappillé 0,1% à 1.763 MAD et Afriquia Gaz 0,1% à 3.664 MAD. Cette retenue est cohérente: la hausse du Brent à 108,44 dollars peut soutenir certains revenus nominaux du secteur, mais elle renforce aussi la pression macro sur l’économie marocaine. Selon Medias24, Taqa Morocco a publié un RNPG semestriel en hausse de 5,8% au S1 2026, ce qui apporte un soutien fondamental, mais le marché reste prudent sur l’effet net d’une énergie chère pour l’ensemble de la cote.