L'Eastern Company S.A.E., valeur refuge historique du marché égyptien détentrice du monopole de la cigarette, a chuté de 7,5% à 35,0 EGP ce jeudi 12 mars 2026, entraînant l'indice EGX 30 dans une correction de 0,86% à 46 791 points, selon les données officielles de la Bourse du Caire. Cette effondrement surprenant survient alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient propulsaient le Brent à 96,54 dollars le baril (+5,0% en séance), créant une divergence saisissante entre les valeurs défensives domestiques et les exportateurs cycliques.
Malgré le recul de l'indice phare, le breadth technique est resté positif avec 25 valeurs à la hausse contre 16 à la baisse et 5 inchangées sur 46 titres actifs, indiquant que la faiblesse était concentrée sur les poids lourds de la cote. Le volume global a reflété une prise de profit sélective, particulièrement violente sur le secteur tabac et bancaire, alors que les opérateurs réévaluaient leurs positions face à la dépréciation de la livre égyptienne à 52,29 EGP/USD (+0,64%), renforçant les craintes inflationnistes sur le pouvoir d'achat local.
La rotation sectoraire : du tabac aux engrais
Le krach d'Eastern Company (EAST) défie la logique traditionnelle des marchés. Cette société, réputée pour ses marges opérationnelles supérieures à 20% et ses distributions de dividendes régulières, affiche habituellement une bêta inférieure à 0,5. La chute de 7,5% en une seule séance efface près de 3 milliards de livres de capitalisation boursière, probablement alimentée par des prises de profit institutionnelles après une performance YTD solide, mais aussi par les craintes de hausses d'accises tabac dans un contexte de pression fiscale accrue, rapporte Financial Afrik.
À l'inverse, le secteur des engrais et des hydrocarbures a surfé sur la flambée des matières premières. Abu Qir Fertilizers and Chemical Industries (ABUK) a explosé de 6,4% à 85,0 EGP, tandis que Misr Fertilizer Production Company (MFPC) progressait de 3,8% à 43,51 EGP et Alexandria Mineral Oils Company (AMOC) gagnait à . L'Égypte, exportateur net d'engrais azotés (dont la production dépend du gaz naturel domestique), profite directement de la hausse des cours internationaux stimulée par les disruptions des chaînes d'approvisionnement du Golfe Persique. "Les marges des producteurs d'engrais égyptiens se dilatent lorsque le Brent dépasse les 95 dollars, car les contrats à l'export sont indexés sur les prix spot du gaz et du pétrole", explique un analyste cité par Medias24.
