Bourse de Casablanca — MASI +0,59% sur la semaine du 27 au 31 juillet, CMT et Zellidja s’envolent de 10%
Le MASI a progressé de 0,59% sur la semaine du 27 au 31 juillet 2026, porté par les compartiments ESG et blue chips. CMT et Zellidja ont bondi de plus de 10%, tandis que l’IPO de T2S et l’augmentation de capital de CDM ont animé les flux.
|7 min read
Le marché casablancais a terminé la semaine du 27 au 31 juillet 2026 sur une note positive, avec un MASI à 17.843,7 points, en hausse de 0,59% sur la séance de vendredi, tandis que les compartiments les plus dynamiques ont été les minières. CMT a bondi de 10,3% à 4.799 MAD et Zellidja de 10,0% à 267,25 MAD, un mouvement qui s’inscrit dans un contexte mondial de métaux précieux toujours tendu, avec l’or à 4.105,7 dollars l’once.
Au-delà de la progression de l’indice principal, la semaine a surtout montré un marché financier Maroc sélectif, où les flux se sont concentrés sur quelques dossiers précis : les minières, certaines financières et les valeurs liées aux opérations de marché. Les annonces officielles sur T2S et CDM publiées le 27 juillet ont ajouté une couche d’animation à une cote déjà sensible aux arbitrages de fin de mois.
Chiffres clés
- MASI : 17.843,7 points, variation hebdomadaire/séance de clôture +0,59%
Contexte de marché : un rebond modéré, mais une largeur correcte
Pour la bourse Casablanca aujourd’hui, la photographie de fin de semaine reste constructive sans être euphorique. Le MASI 20 a gagné 0,75% à 1.317,55 points, surperformant le MASI à +0,59%, tandis que le MASI ESG a avancé de 0,69% à 1.277,66 points. En revanche, le MASI Mid and Small Cap a cédé 0,05% à 1.754,48 points, ce qui montre que la hausse n’a pas été uniformément répartie sur l’ensemble de la cote.
La largeur de marché confirme cette lecture. Sur 81 valeurs cotées, 37 ont terminé en hausse, 22 en baisse et 22 inchangées. Ce ratio de progression est sain, mais il ne traduit pas une vague d’achats généralisée. Il suggère plutôt une rotation ciblée vers les dossiers offrant soit un catalyseur corporate, soit une exposition à des thèmes globaux comme les métaux, l’énergie ou les services financiers.
En données cumulées depuis le début de l’année, le tableau reste plus nuancé. Le MASI affiche encore -5,32% en YTD, le MASI 20 recule de -11,31%, alors que le MASI ESG résiste mieux avec +2,09%. Le segment Mid and Small Cap reste en retrait de -4,72%. Cette divergence est importante : elle indique que le rebond de la semaine du 27 au 31 juillet ne suffit pas encore à effacer la sous-performance accumulée en 2026, notamment sur les grandes capitalisations.
Minières en tête : CMT et Zellidja profitent du thème matières premières
Le fait marquant de la semaine vient clairement des minières. CMT a signé la meilleure performance du tableau avec +10,3% à 4.799 MAD, juste devant Zellidja à +10,0% à 267,25 MAD. Ce double mouvement n’est pas isolé du contexte international. Même si l’argent a reculé de 1,7% à 57,79 dollars, l’or est resté à un niveau historiquement élevé de 4.105,7 dollars, le platine a progressé de 0,2% à 1.655,5 dollars et les tensions sur les matières premières, alimentées par les barrières commerciales et les risques géopolitiques, continuent de soutenir les valeurs extractives, selon les grandes tendances relayées par la presse financière internationale.
Pour Casablanca, cette corrélation compte. Les investisseurs locaux utilisent souvent les minières comme véhicule de couverture partielle contre les tensions globales sur les actifs réels. La hausse de CMT et de Zellidja traduit donc à la fois un effet prix sur les commodités et un effet de rareté boursière : ces dossiers restent peu nombreux sur la cote à offrir une exposition directe aux métaux. Le précédent récent de Bourse de Casablanca — Zellidja grimpe de 6,3% malgré un MASI en baisse de 0,42% montrait déjà que le titre attirait des flux spécifiques, indépendamment de la direction générale du marché.
Le cas de Managem mérite aussi d’être noté, même si le titre a fini inchangé sur la séance de référence. Il a concentré 21.810.503 MAD de volume, soit le premier flux du marché. D’après Le Desk, le groupe a créé Tendrara Energy pour porter ses activités gazières, une information qui élargit la lecture du dossier au-delà des métaux. Dans un environnement où le Brent a gagné 1,8% sur la semaine à 89,95 dollars le baril, cette diversification énergétique prend du relief. Pour le Maroc, importateur net d’énergie, la hausse du pétrole pèse sur la facture extérieure et sur les marges de plusieurs secteurs, mais elle peut aussi revaloriser les actifs liés à l’énergie domestique.
Flux et opérations de marché : T2S et CDM ont soutenu l’animation
L’autre thème structurant de la semaine a été celui des opérations de marché. Le 27 juillet 2026, la Bourse de Casablanca a publié les résultats de l’introduction en bourse de T2S Group Holding par augmentation de capital et cession d’actions, ainsi que les résultats de l’augmentation de capital en numéraire de CDM. Ces deux annonces ont entretenu l’activité sur des valeurs où le prix n’est pas toujours le meilleur indicateur de l’intérêt du marché.
T2S a ainsi brassé 9.941.723,7 MAD de volume, tout en terminant inchangé. Ce type de configuration est classique après une opération primaire : les investisseurs réallouent, ajustent leurs positions et testent la profondeur du carnet. Selon LesEco.ma et Le360, Attijariwafa bank a joué un rôle central dans le placement de l’IPO, concentrant 49% des souscripteurs, ce qui souligne la capacité persistante des grands réseaux de distribution à drainer l’épargne vers le marché actions.
De son côté, CDM a progressé de 2,4% à 994 MAD. Le mouvement reste mesuré, mais il est cohérent avec une lecture de normalisation post-opération. Une augmentation de capital peut créer une pression technique à court terme, avant que le marché ne réévalue la capacité de la banque à transformer ces fonds en croissance du bilan ou en amélioration des ratios prudentiels. Dans un contexte de coûts de financement encore sensibles aux décisions de Bank Al-Maghrib, cette question reste centrale pour tout le compartiment bancaire.
Financières, énergie et consommation : les poches de soutien du MASI
En dehors des minières, plusieurs valeurs ont apporté un soutien visible au cours MASI. Wafa Assurance a gagné 3,9% à 5.350 MAD, Bank of Africa1,6% à 188 MAD, et Maghrebail2,6% à 929 MAD. Cette tenue des financières est logique dans une semaine marquée par des annonces de capital et par les publications semestrielles d’Attijariwafa bank, rapportées par Le Matin.ma et La Vie éco, avec un RNPG proche de 5,9 milliards de MAD au premier semestre 2026. Même si le titre est resté en retrait du rôle principal cette semaine, ces chiffres ont contribué à stabiliser le sentiment sur l’ensemble du secteur.
L’énergie a également participé au mouvement. Taqa Morocco a avancé de 2,3% à 1.750 MAD alors que le Brent s’est rapproché de 90 dollars. Pour une économie importatrice comme le Maroc, un pétrole plus cher est généralement une mauvaise nouvelle macroéconomique, car il alourdit la facture énergétique. Mais au niveau micro, certaines valeurs du secteur peuvent bénéficier d’un regain d’intérêt lorsque le marché réévalue la valeur stratégique des actifs de production et la visibilité des cash-flows.
Dans la consommation, Cosumar a pris 2,2% à 186 MAD. Le titre profite régulièrement de son statut défensif relatif, renforcé par les débats sur la sécurité alimentaire, thème repris par plusieurs médias cette semaine. À l’inverse, Société des Boissons du Maroc a reculé de 3,0% à 2.103 MAD, l’un des plus nets replis du compartiment consommation, tandis que Microdata a perdu 3,2% à 716,2 MAD.
Immobilier et BTP : hausse d’Addoha, respiration sur TGCC et Alliances
Le compartiment immobilier a offert une image contrastée. Douja Prom Addoha a gagné 2,5% à 35,36 MAD avec 10.771.795,82 MAD de volume, soit le deuxième flux de la séance. Ce couple hausse-volume signale un intérêt renouvelé sur le dossier, souvent utilisé comme baromètre du risque domestique et de la demande spéculative locale.
À l’inverse, Alliances a cédé 1,1% à 365,1 MAD. Dans le BTP, TGCC a perdu 0,7% à 740 MAD, malgré l’annonce relayée par Le Desk et La Vie éco d’un marché de 562,7 millions de MAD lié à la gare LGV de Marrakech-Guéliz et à son technicentre. Ce décalage entre nouvelle opérationnelle positive et réaction boursière modérée rappelle une règle fréquente à Casablanca : une partie des bonnes nouvelles est souvent déjà intégrée dans les cours, surtout sur les dossiers qui ont beaucoup monté les mois précédents.
Devises et macro : l’euro fort complique la lecture marocaine
Sur le front macro, la semaine a été marquée par un USD/MAD à 9,3205, en baisse de 0,67%, et surtout par un EUR/MAD à 10,719, en hausse de 3,65%. Cette poussée de l’euro est importante pour l’analyse bourse Casablanca, car une grande partie des échanges commerciaux du Maroc reste libellée ou indexée sur la monnaie européenne. Un euro plus fort peut renchérir certains coûts d’importation pour les entreprises exposées, même si l’effet varie selon les politiques de couverture.