Bourse de Casablanca — Ciments du Maroc s’envole de 10,3% malgré un MASI en repli de 0,29%
Ciments du Maroc a signé la plus forte hausse du jour avec +10,3% à 4.799 MAD, à contre-courant d’un MASI en baisse de 0,29%. Le mouvement reflète un regain d’intérêt pour les valeurs liées à la construction, dans un contexte de demande domestique mieux orientée.
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Le contraste du jour sur la Bourse de Casablanca tient en un chiffre: +10,3% pour Ciments du Maroc à 4.799 MAD, alors que le MASI a cédé 0,29% à 17.667,1 points ce jeudi 23 juillet 2026. Dans une séance sans catalyseur réglementaire majeur hors la publication par l’émetteur ATH de la valeur théorique du droit de souscription le 22 juillet, le marché a surtout arbitré entre valeurs lourdes sous pression et poches cycliques recherchées.
Ce décalage est d’autant plus notable que l’indice des grandes capitalisations, le MASI 20, a reculé de 0,43% à 1.305,77 points, portant sa performance depuis le début de l’année à -12,11%. Autrement dit, la hausse de Ciments du Maroc n’a pas été portée par un mouvement d’ensemble, mais par une rotation ciblée vers les titres exposés au cycle domestique de la construction.
- Brent: 100,66 dollars/baril, en hausse de 7,0% sur la séance
Contexte de marché: un MASI freiné par les poids lourds
La lecture de la séance montre un marché plus équilibré qu’il n’y paraît. La cote a enregistré 31 valeurs en hausse, contre 27 en baisse et 22 inchangées, sur un total de 80 lignes suivies. Le MASI Mid and Small Cap a même progressé de 0,04% à 1.749,04 points, limitant son recul annuel à -5,02%, ce qui confirme que la faiblesse du jour s’est concentrée sur les grandes capitalisations plutôt que sur l’ensemble du marché financier Maroc.
La pression est venue de plusieurs dossiers lourds. Attijariwafa Bank, première ligne en volume avec 37,60 millions de MAD échangés, a perdu 0,7% à 675,0 MAD. LafargeHolcim Maroc a cédé 1,1% à 1.760,0 MAD, Taqa Morocco1,0% à 1.750,0 MAD, tandis que Marsa Maroc reculait de 1,1% à 860,0 MAD. Selon les données de marché, ces replis ont suffi à tirer le MASI ESG en baisse de 0,36% à 1.260,91 points, malgré une performance annuelle encore positive de 0,75%.
Le contexte macro explique une partie de cette sélectivité. Le Brent a bondi à 100,66 dollars le baril, soit +7,0% sur la journée et +12,8% sur la semaine, sur fond de tensions persistantes autour de l’offre mondiale, même si plusieurs dépêches internationales évoquent aussi un possible retour à l’excédent d’ici la fin d’année. Pour le Maroc, importateur net d’énergie, un pétrole à 100 dollars renchérit mécaniquement la facture énergétique et peut peser sur les marges des secteurs intensifs en transport, logistique et production. En parallèle, l’EUR/MAD a grimpé de 2,79% à 10,658, un mouvement qui peut alourdir le coût des intrants importés libellés en euro pour les industriels.
Ciments du Maroc au centre du jeu
Dans ce contexte, la hausse de Ciments du Maroc mérite attention parce qu’elle va à rebours de deux vents contraires: la baisse de l’indice et la remontée des coûts énergétiques. Le cimentier a signé la meilleure performance de la séance avec +10,3%, devant M2M Group à +6,9% et SNEP à +3,6%. Ce classement suggère un retour d’appétit pour des dossiers plus spécifiques, là où les investisseurs ont allégé les valeurs les plus indexées à la direction du marché.
Pourquoi ce mouvement? D’abord parce que le marché semble rejouer le thème de l’amélioration de la demande dans la construction au Maroc. Les valeurs liées au cycle domestique ont montré des signaux convergents, même si tous les titres n’ont pas monté de concert. RISMA a gagné 3,0% à 318,15 MAD, Société des Boissons du Maroc3,1% à 2.074,0 MAD, et Vicenne2,6% à 350,0 MAD, autant de dossiers exposés, directement ou indirectement, à la consommation, au tourisme ou à l’investissement local. Dans ce cadre, Ciments du Maroc apparaît comme un levier pur sur l’activité chantier.
Ensuite, la progression de Ciments du Maroc intervient alors que d’autres valeurs de l’écosystème construction ont corrigé, ce qui renforce l’idée d’un arbitrage fin plutôt qu’un simple achat sectoriel passif. TGCC a reculé de 1,2% à 731,0 MAD, SGTM a terminé quasi stable avec un volume élevé de 12,20 millions de MAD, et LafargeHolcim Maroc a perdu 1,1%. Cette divergence peut s’expliquer par le positionnement des investisseurs: le cimentier offre une exposition plus directe aux volumes de matériaux, alors que les entreprises de BTP et d’ingénierie restent plus sensibles à l’exécution des carnets, aux délais de paiement et au coût des intrants.
Le précédent existe d’ailleurs sur la place. Dans un article récent, Afrivestia relevait déjà un mouvement identique sur le titre: Bourse de Casablanca — CMT bondit de 10,3% malgré un MASI en baisse de 0,22%. La répétition d’un tel écart de performance n’est pas anodine: elle indique que le marché identifie Ciments du Maroc comme une valeur de conviction tactique lorsque le scénario de reprise du bâtiment gagne en crédibilité.
Les autres signaux de la séance
Au-delà de Ciments du Maroc, la séance a aussi mis en lumière une poche matières premières. Minière Touissit a bondi de 10,3% à 4.799,0 MAD, tandis que Zellidja progressait de 2,8% à 185,0 MAD. Ce mouvement est intervenu alors même que l’or reculait de 2,3% à 4.052 dollars, l’argent de 3,4% à 57,99 dollars et le platine de 2,3% à 1.605,5 dollars. La hausse des minières marocaines ne reflète donc pas uniquement le spot du jour, mais aussi des anticipations plus larges sur les métaux et la rareté des dossiers cotés sur ce segment à Casablanca.