Bourse de Casablanca — SMI bondit de 4,8% sur 4,9 MDH, le MASI ESG fait mieux que le MASI
SMI a gagné 4,8% à 6.299 MAD mercredi, dans un marché presque à l’équilibre où le MASI a pris 0,23%. Le MASI ESG a surperformé à +0,57%, signe d’un appétit sélectif malgré la hausse du Brent à 93,73 dollars et le recul du dirham.
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Mercredi 22 juillet 2026, le titre SMI a signé l’un des mouvements les plus nets de la cote casablancaise avec un gain de 4,8% à 6.299 MAD, dans un marché pourtant loin de l’euphorie. Le contraste est frappant: le MASI n’a progressé que de 0,23% à 17.717,78 points, tandis que le MASI ESG a fait mieux avec +0,57% à 1.265,44 points, ce qui traduit une rotation sélective vers des dossiers jugés plus défensifs ou mieux positionnés sur les matières premières.
Dans la bourse Casablanca aujourd’hui, la séance a surtout montré un marché financier Maroc partagé entre soutien sectoriel et prudence macroéconomique. La hausse du Brent à 93,73 dollars le baril, en progression de 3,0% sur la journée et de 6,4% sur la semaine, ainsi que l’appréciation du dollar face au dirham avec un USD/MAD à 9,3846 en hausse de 3,74%, renforcent en effet la pression sur la facture énergétique du Maroc, importateur net d’hydrocarbures. Cette toile de fond explique pourquoi la progression de l’indice principal est restée modérée malgré plusieurs fortes hausses individuelles.
Contexte de marché: un indice en hausse, mais une largeur hésitante
Le cours MASI a terminé dans le vert, mais la largeur du marché raconte une histoire plus nuancée. Sur 80 valeurs cotées, 28 ont progressé, 29 ont reculé et 23 sont restées inchangées. Cette quasi-parité montre que la hausse de l’indice a été portée par quelques poches de force plutôt que par un mouvement généralisé. Le MASI 20 n’a gagné que 0,11% à 1.311,46 points, et reste en baisse de 11,72% depuis le début de l’année, contre -5,99% pour le MASI.
Le segment des petites et moyennes capitalisations est resté presque stable, avec un MASI Mid and Small Cap à 1.748,29 points, en hausse limitée de 0,06%, ce qui confirme que l’appétit pour le risque demeure sélectif. À l’inverse, la meilleure tenue du MASI ESG, en hausse de 0,57% et désormais à +1,11% depuis le 1er janvier, suggère que les flux se dirigent davantage vers des signatures perçues comme plus résilientes dans un environnement de hausse des coûts importés et de volatilité des devises.
Les volumes ont aussi aidé à hiérarchiser la séance. CIH a dominé les échanges avec 48,4 millions de MAD, devant Marsa Maroc à 22,38 millions de MAD, puis TGCC à 7,59 millions de MAD, Itissalat Al-Maghrib à 5,12 millions de MAD et SMI à 4,93 millions de MAD. Pour SMI, ce montant est significatif: il valide que la hausse de 4,8% n’est pas un simple ajustement technique sur faible liquidité, mais un mouvement appuyé par des ordres visibles.
SMI au centre du jeu: l’effet métaux précieux reprend de la vigueur
La progression de SMI s’inscrit dans un contexte international favorable aux valeurs minières exposées aux métaux précieux. L’or a gagné 2,0% à 4.151,3 dollars, l’argent 2,7% à 60,44 dollars et le platine 1,8% à 1.654,6 dollars. Pour une valeur comme SMI, dont la lecture boursière est fortement corrélée aux anticipations sur les prix des métaux, cette configuration renforce mécaniquement l’attrait du dossier. Le marché semble ainsi réintégrer l’idée que la hausse des métaux peut soutenir les revenus, les marges et, à terme, les flux de trésorerie.
Le fait que SMI ait avancé de 4,8% le même jour que Managem progressait de 1,7% à 12.700 MAD et que CMT bondissait de 10,3% à 4.799 MAD confirme qu’il s’agit d’un thème sectoriel, et non d’un mouvement isolé. La différence d’ampleur entre les trois titres suggère toutefois une hiérarchie dans les flux: CMT a capté l’élan spéculatif le plus fort, mais SMI a combiné performance et activité, avec près de 4,9 millions de MAD échangés, ce qui lui donne davantage de poids comme signal de marché.
Cette lecture est d’autant plus importante que la hausse du dollar et des matières premières crée un double effet sur la cote marocaine. D’un côté, les groupes dépendants des importations énergétiques ou de matières premières voient leurs coûts potentiellement augmenter. De l’autre, les sociétés minières ou liées aux commodités bénéficient d’un soutien boursier lorsque les prix internationaux montent. Dans cette séance, SMI a clairement appartenu à la seconde catégorie.
Les financières et les valeurs ESG amortissent le choc macro
Au-delà de SMI, plusieurs financières ont contribué à stabiliser l’indice. BMCI a gagné 4,6% à 608 MAD, Crédit du Maroc1,9% à 969 MAD, Bank of Africa1,2% à 189,9 MAD, tandis que CIH avançait de 1,7% à 351 MAD. À l’inverse, CFG Bank a cédé 1,6% à 190 MAD. Ce tableau illustre un marché qui continue de privilégier certains profils bancaires, alors même que la remontée du dollar et de l’euro face au dirham peut raviver les interrogations sur les coûts importés, l’inflation et, indirectement, la trajectoire monétaire de Bank Al-Maghrib.
La surperformance du MASI ESG face au MASI s’explique aussi par la résistance de plusieurs grandes capitalisations perçues comme plus robustes dans un environnement volatil. Même lorsque les gains restent modestes, comme pour IAM à +0,1%, leur poids dans les indices aide à lisser la séance. Cette logique de qualité relative avait déjà commencé à apparaître dans Bourse de Casablanca — JET domine les volumes à 6,9 MDH malgré un repli de 0,9%, le MASI gagne 0,78%, où les volumes ne s’étaient pas traduits par une hausse homogène de la cote.
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