Bourse de Casablanca — CMT bondit de 10,3% malgré un MASI en baisse de 0,22%
CMT a signé la plus forte hausse du jour avec +10,3% à 4.799 MAD, à contre-courant d’un MASI en repli de 0,22%. La séance du 20 juillet 2026 illustre un marché marocain sélectif, partagé entre pression macro sur l’énergie et appétit ciblé pour les minières.
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CMT défie le repli du marché avec un bond de 10,3%
La séance du lundi 20 juillet 2026 a été dominée par un contraste rare à la Bourse de Casablanca aujourd'hui: CMT a flambé de 10,3% à 4.799 MAD, alors que le MASI a reculé de 0,22% à 17.539,62 points. Ce décalage est d’autant plus notable que la largeur du marché est restée négative, avec 23 hausses, 33 baisses et 24 valeurs inchangées sur 80 titres cotés.
Le mouvement sur CMT ressort aussi par son timing. Il intervient dans une séance où les grands baromètres ont tous terminé dans le rouge ou quasi stables: le MASI 20 a cédé 0,11% à 1.301,16 points, le MASI Mid and Small Cap a perdu 0,22% à 1.748,02 points, tandis que le MASI ESG a limité son repli à 0,06% à 1.243,72 points. En d’autres termes, la hausse de CMT n’a pas été portée par un rallye généralisé, mais par un flux acheteur ciblé.
- Brent: 88,46 $/bbl, en hausse de 4,1% sur la semaine
- EUR/MAD: 10,681, en hausse de 3,50%
Contexte de marché: une cote sélective sous pression macro
Le ton général du marché financier Maroc reste prudent en ce milieu de juillet. Depuis le début de l’année, le cours MASI affiche une baisse de 6,93%, tandis que le MASI 20 abandonne 12,42%, signe que les grandes capitalisations ont davantage souffert que certains compartiments plus étroits. Le segment Mid and Small Cap limite son recul annuel à 5,08%, ce qui confirme une rotation plus opportuniste vers des dossiers spécifiques.
Cette sélectivité s’explique aussi par le contexte international. Le Brent évoluait à 88,46 dollars le baril, en hausse de 0,4% sur la séance et de 4,1% sur une semaine, sur fond de tensions persistantes autour de l’offre mondiale, même si les titres sur les discussions américano-iraniennes et les projections de surplus de l’AIE pour la fin d’année ont tempéré le scénario d’un choc durable. Pour le Maroc, importateur net d’énergie, un pétrole proche de 90 dollars pèse mécaniquement sur les coûts d’approvisionnement, les marges de certains industriels et les anticipations d’inflation.
Le change ajoute une deuxième couche de pression. L’USD/MAD progressait de 0,35% à 9,3694, tandis que l’EUR/MAD bondissait de 3,50% à 10,681. Cette hausse de l’euro face au dirham est particulièrement importante pour une économie où une partie des importations industrielles, des équipements et de certains intrants est libellée en devise européenne. Elle peut peser sur les coûts des sociétés importatrices, tout en offrant un soutien relatif aux groupes exportateurs ou exposés à des revenus en devises.
Pourquoi CMT a surperformé malgré le recul du MASI
Dans ce contexte, la progression de CMT apparaît comme un arbitrage sectoriel clair. Les minières marocaines sont souvent recherchées lorsque les investisseurs cherchent une exposition plus directe aux matières premières et à des revenus moins corrélés à la consommation domestique. La hausse de 10,3% de CMT à 4.799 MAD a largement dépassé celle de Sonasid, autre valeur liée au cycle des matières, qui n’a gagné que 2,9% à 1.999 MAD.
Le cadre global des métaux précieux et industriels aide à comprendre ce repositionnement. L’or restait élevé à 4.014,4 dollars l’once, l’argent gagnait 1,9% à 57,11 dollars, et le palladium avançait de 2,2% à 1.271 dollars. Même si ces références ne se traduisent pas mécaniquement dans les revenus de CMT, elles nourrissent un biais favorable pour les valeurs minières, en particulier dans des séances où les financières et les immobilières manquent de catalyseurs immédiats.
Autre élément important: la hausse de CMT s’est produite alors que les poids lourds de la cote n’ont pas soutenu l’indice. Attijariwafa Bank, l’un des principaux moteurs du MASI, a cédé 0,1% avec 11,05 millions MAD de volume. Itissalat Al-Maghrib a progressé de 0,7% avec 6,33 millions MAD échangés, mais cela n’a pas suffi à compenser les replis de CIH à -1,8%, de TGCC à -0,8% et de SGTM à -0,7%, trois valeurs parmi les plus actives du jour.
Le fait que CMT s’envole dans un marché baissier est souvent interprété comme un signal de conviction plus fort qu’une hausse enregistrée dans une séance euphorique. Selon la logique de marché observée à Casablanca, ce type de mouvement traduit généralement soit un rattrapage après sous-performance, soit une réévaluation des perspectives bénéficiaires liées au cycle des matières premières. En l’absence, dans les données de séance fournies, d’une annonce réglementaire ou de résultats publiés le même jour, le facteur le plus crédible reste un repositionnement tactique sur le thème minier.
Les autres mouvements à suivre sur la Bourse de Casablanca aujourd'hui
En dehors de CMT, la cote a offert plusieurs poches de résistance. Rebab Company a gagné 6,0% à 93,29 MAD, Balima a pris 6,0% à 199,9 MAD, Involys a avancé de 5,8% à 128,0 MAD, tandis que Jet Contractors a progressé de 2,9% à 2.058 MAD. TAQA Morocco a ajouté 0,9% à 1.715 MAD, une hausse modeste mais notable dans un environnement de pétrole plus ferme, même si la relation entre prix du brut et performance boursière des utilities reste indirecte et dépend surtout des contrats, des coûts de combustible et du cadre réglementaire.
À l’inverse, les replis ont touché plusieurs segments sensibles à la demande intérieure et au coût du financement. Alliances a perdu 1,4% à 365 MAD, Douja Prom Addoha1,5% à 32,5 MAD, Résidences Dar Saada2,6% à 168,55 MAD et Akdital1,7% à 1.121 MAD. TotalEnergies Marketing Maroc a chuté de 3,7% à 1.435 MAD, ce qui peut refléter des prises de bénéfices mais aussi une lecture plus prudente des marges de distribution dans un contexte pétrolier volatil. Sanlam Maroc a signé la plus forte baisse du jour parmi les grandes valeurs en recul, à -5,5% sur 2.881 MAD.