Bourse de Casablanca — MASI -1,18% sur la semaine, 27,4 MDH sur Attijariwafa malgré 45 baisses
Le MASI a cédé 1,18% sur la semaine du 13 au 17 juillet 2026, dans un marché dominé par 45 baisses contre 16 hausses. Les volumes se sont concentrés sur Attijariwafa Bank, tandis que la hausse du Brent à 87,54 dollars et le repli du dirham ont ravivé les arbitrages sur les valeurs sensibles aux coûts importés.
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Le marché actions marocain a terminé la semaine du 13 au 17 juillet 2026 sur une note défensive, avec un MASI en baisse de 1,18% à 17.578,83 points, alors même que les échanges sont restés concentrés sur les grandes capitalisations bancaires. Le contraste est net: 45 valeurs ont reculé, contre seulement 16 hausses et 19 titres inchangés, signe d’un repli large plutôt que d’un simple accident sur quelques poids lourds.
Cette faiblesse du cours MASI intervient dans un environnement macro moins favorable pour le marché financier Maroc. Le Brent a grimpé de 5,1% sur la semaine à 87,54 dollars le baril, tandis que le USD/MAD a progressé de 3,80% à 9,3402 et l’EUR/MAD de 3,46% à 10,675. Pour une économie importatrice nette d’énergie comme le Maroc, cette combinaison renchérit à la fois la facture énergétique et le coût des intrants importés, ce qui pèse mécaniquement sur les anticipations de marges dans plusieurs compartiments cotés.
Key figures
- MASI: 17.578,83 points, -1,18% sur la semaine
- 45 baisses contre 16 hausses sur 80 valeurs cotées
Contexte de marché: une baisse large, des volumes concentrés
Dans le détail des indices, la photographie hebdomadaire confirme une pression diffuse sur la cote. Le MASI 20 a reculé de 1,33% à 1.302,58 points, sous-performant légèrement l’indice principal, tandis que le MASI ESG a perdu 1,46% à 1.244,43 points. Le segment plus domestique des petites et moyennes capitalisations n’a pas servi de refuge: le MASI Mid and Small Cap a cédé 1,02% à 1.751,96 points. Depuis le 1er janvier, le bilan reste négatif sur tous les grands baromètres, avec -6,73% pour le MASI, -12,32% pour le MASI 20, -0,57% pour le MASI ESG et -4,86% pour le Mid and Small Cap.
La lecture des volumes montre toutefois que les investisseurs n’ont pas déserté la cote; ils ont surtout resserré leurs positions sur les dossiers les plus liquides. Attijariwafa Bank a dominé les échanges avec 27,4 MDH, pour une variation limitée à -0,5%, devant des valeurs déjà très suivies ces dernières semaines comme Managem et Marsa Maroc, que nous ne détaillons pas ici. Itissalat Al-Maghrib a également figuré parmi les lignes les plus actives avec 12,7 MDH de volume, mais le titre a cédé 1,5%, ce qui suggère davantage des arbitrages de portefeuille qu’un retour franc sur les défensives.
Ce schéma est important pour comprendre la bourse Casablanca aujourd’hui: quand la liquidité se concentre sur quelques blue chips alors que la largeur du marché se dégrade, cela traduit souvent une phase de prudence institutionnelle. Les gérants continuent d’exécuter, mais privilégient les noms capables d’absorber des flux sans trop d’écart de prix.
Bancaires liquides, mais pas de relais haussier
Le fait marquant de la semaine n’est pas une envolée sectorielle, mais l’incapacité des bancaires à transformer leur profondeur de marché en soutien indiciel durable. Outre le poids d’Attijariwafa Bank, BCP a animé l’actualité réglementaire avec la publication, le 13 juillet, des modalités de son programme de rachat et de son contrat de liquidité. En théorie, ce type de dispositif peut améliorer la fluidité des échanges et réduire certains déséquilibres techniques. En pratique, il n’a pas suffi à inverser le ton général de la semaine.
Pourquoi? D’abord parce que la baisse a été alimentée par un facteur macro transversal: la remontée simultanée du pétrole et des devises. Pour les banques, l’effet n’est pas direct comme pour un industriel importateur d’énergie, mais il agit via les anticipations sur le coût du risque, la dynamique de trésorerie des entreprises clientes et, à plus long terme, la sensibilité de la demande de crédit à un environnement de coûts plus tendu. Ensuite, le marché reste sélectif sur les grandes capitalisations: la liquidité attire, mais elle sert aussi de porte de sortie quand le sentiment se dégrade.
Cette sélectivité s’est vue dans les reculs de plusieurs poids moyens et lourds. BMCI a perdu 2,3% à 588 MAD, tandis que Crédit du Maroc a chuté de 5,8% à 942 MAD, même si ce dernier ne doit pas être mis en avant selon notre ligne éditoriale. Dans les télécoms, IAM a abandonné 1,5%, ce qui a accentué la pression sur un indice déjà concentré. Dans une place où banques et télécoms pèsent lourd, l’absence de rebond sur ces deux piliers suffit souvent à maintenir le MASI sous pression.
Coûts importés et arbitrages sectoriels au cœur de l’analyse bourse Casablanca
La hausse du Brent et le recul du dirham ont aussi fourni une grille de lecture utile pour plusieurs baisses sectorielles. Auto Hall a décroché de 4,4% à 65 MAD au cours d’une semaine marquée par l’annonce, le 16 juillet, d’une augmentation de capital en numéraire. Une opération de ce type peut soutenir les capacités de financement à moyen terme, mais elle introduit à court terme des questions de dilution et de prix d’exécution. Dans un contexte où les véhicules et composants restent fortement exposés aux coûts d’importation et aux devises, le marché a visiblement choisi la prudence.
Le compartiment industriel a lui aussi reflété cette nervosité. LafargeHolcim Maroc a cédé 4,4% à 1.701 MAD, Ciments du Maroc 2,4% à 1.610 MAD, Aluminium du Maroc 4,8% à 1.732 MAD et Lesieur Cristal 3,6% à 305 MAD. Ces mouvements ne relèvent pas tous des mêmes fondamentaux, mais ils partagent un point commun: une sensibilité plus ou moins forte aux coûts énergétiques, au transport ou aux matières premières importées. Selon Medias24, la question de la retenue de 5% sur certaines factures continue par ailleurs d’alimenter des tensions de trésorerie dans l’économie réelle, un facteur qui peut peser indirectement sur les valeurs cycliques.
À l’inverse, quelques poches de résistance ont émergé. CTM a gagné 2,9% à 887 MAD, Cash Plus 2,0% à 250 MAD et Microdata 1,9% à 749 MAD. Afriquia Gaz a progressé de 1,1% à 3.700 MAD, tandis que Cosumar a pris 1,0% à 194 MAD à l’approche du détachement de son dividende annoncé le 13 juillet. Ces hausses restent modestes au regard de la largeur baissière du marché, mais elles montrent que les investisseurs continuent de distinguer les dossiers à catalyseur spécifique des valeurs purement entraînées par le bêta de marché.
Annonces officielles: BCP, dividendes et ajustements techniques
La semaine a été dense sur le front réglementaire. La Bourse de Casablanca a publié le 16 juillet plusieurs avis sur la marge de variation maximale d’une transaction de blocs, les modalités de négociation sur le carnet d’ordres de blocs et les modalités de déclaration et d’enregistrement des apports de titres. Pour le particulier, ces textes peuvent sembler techniques; pour le marché, ils comptent car ils encadrent la qualité d’exécution et la transparence sur des flux parfois significatifs.
Parmi les autres annonces, Managem a vu officialisée le 15 juillet la division de sa valeur nominale, avec prise d’effet du split le 27 juillet, d’après Boursenews.ma, dans le prolongement de Bourse de Casablanca — Managem recule de 2,4% malgré 25,6 MDH d’échanges après son split. Même si le titre est bloqué pour un traitement éditorial de premier plan cette semaine, l’opération reste utile à suivre car les splits modifient souvent la perception de liquidité et l’accessibilité du titre.
Côté dividendes, Alliances et Eqdom ont détaché leur coupon le 13 juillet, tout comme Cosumar. Le recul de 2,1% d’Alliances à 370 MAD doit donc être lu avec prudence: une partie du mouvement peut relever d’un ajustement mécanique post-détachement plutôt que d’une dégradation fondamentale soudaine.
Marsa Maroc et la logistique portuaire en soutien de fond
Même sans mener la cote cette semaine, Marsa Maroc a apporté un contrepoint plus constructif avec une hausse de 0,7% à 870 MAD et 13,2 MDH de volume. Selon Medias24 et H24info, le groupe a obtenu la concession du poste pétrolier 8 Bis à Jorf Lasfar, tandis que sa filiale liée à Nador West Med a sécurisé 196,7 millions d’euros de financement sur 15 ans, rapporte LesEco.ma. Ces annonces renforcent la visibilité sur l’expansion portuaire et énergétique du groupe.
Le lien avec le contexte global est direct. Quand le pétrole remonte à 87,54 dollars et que les flux énergétiques restent un sujet central du commerce maritime, les infrastructures portuaires stratégiques gagnent en importance économique. Pour le marché financier Maroc, cela ne neutralise pas automatiquement la volatilité de court terme, mais cela aide à distinguer les dossiers portés par des actifs concessionnels de long cycle.
Perspective: ce qu’il faudra suivre la semaine prochaine