Une séance marquée par la divergence sectorielle
L'indice BRVM Industriels a bondi de 2,78% à 207,84 points ce mardi 10 mars 2026, propulsant le Composite régional à 416,46 points (+0,66% en séance, +1,7% depuis le début de l'année), tandis que le groupe Bank of Africa déclenchait simultanément des augmentations de capital dans quatre de ses filiales de l'UEMOA. Cette divergence marquée entre le secteur industriel en forte hausse et l'énergie en difficulté illustre la complexité des flux commerciaux ouest-africains face à la volatilité des matières premières mondiales.
Le BRVM-30, baromètre des principales capitalisations de la zone, a progressé de 0,38% à 194,12 points (+1,97% en glissement annuel), tandis que la largeur du marché affichait 18 hausses contre 10 baisses et 19 valeurs inchangées sur les 47 titres actifs. Le franc CFA (XOF), ancré à la parité fixe de 655,957 pour un euro, a absorbé la turbulence des changes globaux où le dollar s'est affiché à 9,3208 MAD (+3,75%), renforçant l'attrait relatif des actifs libellés en monnaie locale pour les investisseurs régionaux.
Bank of Africa : une opération quadruple sans précédent
Les annonces officielles de la BRVM ont fait état, les 9 et 10 mars 2026, d'augmentations de capital simultanées chez Bank of Africa Bénin (BOA.BN), Bank of Africa Sénégal (BOA.SN), Bank of Africa Burkina Faso (BOA.BF) et Bank of Africa Mali (BOA.ML). Cette coordination transfrontalière, rare dans l'histoire de la bourse régionale, vise à renforcer les fonds propres des filiales dans un contexte de croissance du crédit bancaire dans l'Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).
L'indice BRVM Services Financiers a réagi positivement à cette nouvelle, gagnant 0,95% à 178,55 points (+0,56% YTD), porté notamment par Société Ivoirienne de Banque (SIBC) qui a progressé de 1,4% à 7.100 XOF. Ces opérations de recapitalisation interviennent alors que la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) maintient une politique monétaire restrictive pour contenir l'inflation régionale, rendant les ratios de solvabilité des établissements bancaires d'autant plus stratégiques pour le financement des économies locales.
