Le paradoxe pétrolier nigérian plombe la Bourse de Lagos
Le Nigerian Exchange Group (NGX) a clôturé en repli de 0,67% ce lundi 9 mars 2026, l'indice All-Share (ASI) terminant à 1476,09 points, dans un marché profondément divisé où les valeurs pétrolières affichaient des plafonnements à +10% tandis que les industriels import-dépendants s'effondraient. Cette divergence traduit le paradoxe structurel du Nigeria : premier producteur de brut d'Afrique mais importateur net de produits pétroliers raffinés, rendu vulnérable par une dépréciation du naira qui a poussé le taux USD/NGN à 1400,67 (+1,15% sur la séance).
Un marché éclaté entre pétroliers et manufacturiers
La largeur du marché révèle une tendance baissière sous-jacente malgré la flambée des cours du pétrole. Sur les 148 valeurs cotées, seulement 26 titres ont progressé contre 43 en recul et 79 inchangés, selon les données officielles de la NGX. Cette faiblesse de la participation s'explique par la crainte des investisseurs face à l'inflation importée : avec le Brent qui a bondi de 21,6% cette semaine pour atteindre 99,02 dollars le baril (et +6,8% ce lundi seul), les coûts logistiques et énergétiques des entreprises non-pétrolières s'envolent. Dans ce contexte géopolitique tendu par la guerre au Moyen-Orient, les actifs pétroliers nigérians ont constitué les seuls îlots de valorisation. Oando Plc et Conoil Plc ont toutes deux atteint leur limte quotidienne de hausse à +10,00%, clôturant respectivement à 54,65 NGN et 185,90 NGN. Oando, dont l'exposition aux amont pétroliers lui permet de capitaliser sur la hausse des prix du brut, a bénéficié de volumes d'échanges soutenus, tandis que Conoil, spécialisé dans le marketing pétrolier, anticipe des marges de raffinage en expansion. Le titre Nigerian Exchange Group (NGXGROUP) lui-même a gagné à , probablement en réaction aux volumes de transactions accrus générés par la volatilité du marché.
